Les prix du pétrole baissent, mais la pénurie s’accentue sur le marché physique


Principaux renseignements

  • Les contrats à terme sur le pétrole ont reculé en raison d’espoir suscité par les efforts diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, qui ont apaisé les craintes de perturbations de l’approvisionnement.
  • Malgré la baisse des prix à terme, les marchés physiques du brut sont soumis à une forte pression, les qualités de référence avoisinant les 149 dollars le baril.
  • Les acheteurs asiatiques sont contraints de rechercher d’autres sources d’approvisionnement, ce qui pourrait entraîner des pénuries en Europe et en Amérique.

Les cours du pétrole ont légèrement baissé mardi en début de séance en Asie, effaçant une partie des gains enregistrés la veille. Ce recul s’explique par un regain d’optimisme concernant les solutions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, qui a quelque peu apaisé les craintes de nouvelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole. Alors que les contrats à terme sur le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) s’échangeaient sous la barre des 100 dollars le baril, signe d’un éventuel apaisement des tensions, le marché physique présentait un tableau différent.

À 9 h 10 aujourd’hui, le prix du Brent s’élevait à 97,97 dollars le baril. Le prix du WTI s’élevait quant à lui à 95,78 dollars le baril.

Tensions sur le marché physique

Le prix du Forties Blend, un brut de référence, a bondi à près de 149 dollars le baril lundi. Cette hausse reflète les tensions croissantes dans la chaîne d’approvisionnement physique. Parallèlement, les États-Unis ont imposé un blocus sur le détroit d’Ormuz. Il s’agit d’une voie maritime essentielle pour le pétrole. Malgré cela, les marchés à terme ont réagi positivement. Ils ont été soutenus par des signes d’avancée diplomatique. Le président Donald Trump a indiqué que les négociateurs iraniens étaient ouverts à un accord. De son côté, le président de l’Iran a réaffirmé sa volonté de mener des discussions dans le cadre du droit international.

Cependant, la tension sur le marché physique devient difficile à ignorer. Les derniers pétroliers ayant traversé le détroit d’Ormuz avant le début des hostilités approchent de leur destination. Cela marque un tournant critique pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. En conséquence, les raffineurs, surtout en Asie, devront bientôt relever un défi majeur. Ils devront s’approvisionner en pétrole auprès de sources alternatives, comme le bassin atlantique.

Évolution des sources d’approvisionnement en pétrole

Alors que les acheteurs asiatiques se tournent vers les États-Unis, la mer du Nord et l’Afrique pour répondre à leurs besoins énergétiques, les raffineries européennes et américaines risquent de faire face à une pénurie plus marquée. Ce resserrement apparaît déjà sur le marché au comptant. Les qualités de brut disponibles immédiatement s’échangent avec des primes élevées par rapport aux contrats à terme.

Par ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie se dit prête à libérer des réserves stratégiques supplémentaires si nécessaire. Elle appelle aussi les pays à ne pas thésauriser le pétrole. Elle les exhorte également à éviter les restrictions à l’exportation. Dans ce contexte, les traders adoptent une position prudente. Ils équilibrent la tension structurelle du marché avec l’espoir fragile d’une solution diplomatique.

(jw)(fc)

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