Principaux renseignements
- Le blocus du détroit d’Ormuz ordonné par le président Donald Trump vise à faire pression sur l’Iran, mais risque de déclencher une crise énergétique mondiale.
- Les prix du pétrole devraient connaître une hausse, atteignant 150 dollars le baril, ce qui aura un impact sur les prix des matières premières et pourrait provoquer un choc économique négatif.
- La légalité du blocus est contestable, car ni les États-Unis ni l’Iran n’ont le pouvoir de fermer le détroit en vertu du droit international.
La crise énergétique mondiale s’est aggravée avec l’ordre donné par le président Donald Trump d’imposer un blocus naval du détroit d’Ormuz. Cette mesure a immédiatement interrompu le trafic de pétroliers dans cette voie navigable cruciale, suscitant des inquiétudes quant à de nouvelles hausses des prix du pétrole et à un éventuel conflit international.
Échec des négociations
La décision de Trump fait suite à l’échec des négociations avec l’Iran concernant son programme nucléaire, le contrôle du détroit et les attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban. Le blocus, qui vise les navires entrant ou sortant des ports iraniens, a pour but d’exercer une pression sur Téhéran, mais risque d’aggraver les tensions et de faire l’objet de contestations juridiques.
Trita Parsi, vice-président exécutif du Quincy Institute for Responsible Statecraft, prévoit, lors d’une interview accordée à CNBC, une hausse considérable des prix du pétrole, pouvant atteindre 150 dollars le baril, en raison de l’offre déjà limitée due au conflit qui perdure. Cette perturbation devrait avoir un impact supplémentaire sur les prix des matières premières telles que les engrais et l’hélium, éléments essentiels à la production alimentaire et à la fabrication de semi-conducteurs.
Aujourd’hui, à 11 h 10, le prix du Brent a augmenté de 7,94 pour cent, s’établissant à 102,74 dollars le baril. Le prix du WTI a quant à lui progressé de 8,26 pour cent, atteignant 104,55 dollars le baril.
Choc énergétique
Cette crise a été qualifiée de pire choc énergétique de l’histoire, surpassant même les crises pétrolières des années 1970, selon Reuters. Si la réaction initiale des prix a été modérée, les experts préviennent qu’une nouvelle escalade pourrait entraîner un choc économique négatif comparable à celui de cette époque.
Le blocus a également des implications géopolitiques, risquant d’entraîner la Chine, premier acheteur de pétrole de l’Iran, dans le conflit. Cette initiative pourrait raviver les tensions entre les États-Unis et la Chine à l’approche de la visite prévue de Trump à Pékin. D’autres pays, comme l’Inde et le Pakistan, qui ont négocié des accords de passage sécurisé avec l’Iran, pourraient également se retrouver pris entre deux feux.
Tactique de négociation
Certains analystes considèrent le blocus comme une tactique de négociation. D’autres y voient un risque d’escalade. Ils s’inquiètent de possibles ripostes et de nouvelles actions militaires. La légalité du blocus reste contestée. Ni les États-Unis ni l’Iran n’ont le pouvoir de fermer ou d’entraver le passage par le détroit d’Ormuz selon le droit international.
Les armateurs font face à des risques supplémentaires dans cette zone. Les sanctions occidentales contre l’Iran compliquent les opérations. Les paiements versés à l’Iran peuvent enfreindre les règles américaines et européennes. Cela expose les entreprises à de lourdes sanctions. Dans l’ensemble, la situation reste très instable. Elle entraîne des répercussions économiques et géopolitiques importantes.
(jw)(fc)
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