Des perturbations du système GPS perturbent la navigation maritime et le trafic aérien au Moyen-Orient


Principaux renseignements

  • Les tactiques de guerre électronique, notamment le brouillage et la falsification du GPS, perturbent de plus en plus les services de localisation à travers le Moyen-Orient.
  • Les navires civils, les avions et les automobilistes subissent les conséquences imprévues de ces interférences, ce qui met en évidence les vulnérabilités des systèmes de navigation par satellite.
  • Le conflit souligne la nécessité de disposer de technologies de positionnement alternatives, au-delà de la seule dépendance à la navigation par satellite.

Depuis le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les perturbations des services de localisation se sont multipliées à travers le Moyen-Orient. Cette guerre électronique, souvent utilisée à des fins défensives dans les zones de conflit, vise à désorienter les drones et les missiles ennemis en brouillant leurs systèmes de navigation, selon CNBC. Cependant, ces interférences ont des conséquences imprévues pour les navires et les aéronefs civils, mettant en évidence les vulnérabilités des systèmes de navigation par satellite tels que le GPS dans les zones de conflit actif.

À la suite des premières frappes contre l’Iran, la société d’analyse de données Kpler a observé des mouvements inhabituels parmi les navires dans le golfe Persique. Les navires semblaient naviguer au-dessus de la terre ferme et effectuer des virages serrés, ce qui indiquait une manipulation des données de localisation. Cette recrudescence des perturbations des services de localisation affecte aussi bien les marins, les pilotes et les automobilistes, mettant en évidence la fragilité de la dépendance au GPS, un système désormais synonyme de navigation par satellite.

Manipulation

Depuis des années, des entreprises comme Kpler recensent des cas de pétroliers manipulant leurs signaux du système d’identification automatique (AIS) pour contourner les sanctions sur les exportations de pétrole iranien. Cette pratique, connue sous le nom de « spoofing », permet aux navires de dissimuler leurs mouvements et est utilisée depuis longtemps dans le cadre d’opérations secrètes. Cependant, le conflit a considérablement accru le spoofing de localisation dans le golfe Persique. Au cours des premières 24 heures seulement, la société de renseignement maritime Windward a enregistré plus de 1 100 navires subissant des interférences AIS, avec une augmentation de 55 pour cent une semaine plus tard.

Les experts attribuent ce brouillage généralisé du GPS aux États du Golfe. Ils cherchent à protéger leurs infrastructures critiques contre les attaques de drones et de missiles. Ainsi, en perturbant les systèmes de navigation ennemis, ces États tentent de contrer les menaces potentielles. Ce type de guerre électronique devient de plus en plus courant. On observe une tendance similaire dans les conflits modernes. Par exemple, des perturbations comparables ont été constatées lors de invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Impact au-delà du champ de bataille

Les conséquences de ces interférences dépassent le champ de bataille. Elles affectent aussi la vie quotidienne. Ainsi, des avions ont été observés avec des trajectoires de vol erratiques. De plus, des dysfonctionnements du GPS à terre ont causé des problèmes. Par exemple, des livreurs se sont retrouvés au large de Dubaï. Par conséquent, ces activités persistantes de brouillage et de spoofing inquiètent. Elles soulèvent d’importantes préoccupations en matière de sécurité publique.

Des données de positionnement précises sont cruciales pour les navires naviguant dans le détroit d’Ormuz. Même si l’activité maritime est réduite en raison du blocage, des navires battant pavillon étranger continuent de transiter par la région. Cependant, les interférences avec les systèmes de navigation par satellite posent un risque. Elles pourraient entraver les efforts d’intervention d’urgence. En effet, ces opérations reposent sur des données de localisation précises.

Des spéculations entourent l’origine des capacités militaires de l’Iran, en particulier la précision de ses frappes de missiles. Certains analystes suggèrent que l’Iran a obtenu l’accès au système de navigation chinois BeiDou, un concurrent du GPS développé par Pékin suite à des inquiétudes concernant la dépendance à l’égard de la technologie américaine.

Alternative potentielle

BeiDou offre un réseau plus étendu que d’autres systèmes tels que GPS, Galileo et GLONASS. Cependant, Téhéran n’a pas officiellement confirmé son utilisation de BeiDou. Néanmoins, des responsables iraniens ont salué la précision et l’architecture du système. Toutefois, les experts apportent une nuance. Les puces de navigation modernes sont polyvalentes. Ainsi, elles peuvent recevoir les signaux de tous les principaux systèmes de navigation par satellite.

Le conflit en cours a mis en évidence la vulnérabilité d’un système reposant uniquement sur la navigation par satellite. Les acteurs du secteur explorent des solutions alternatives, telles que des technologies utilisant le champ magnétique terrestre pour le positionnement.

Alors que les entités civiles sont confrontées à des perturbations, les forces américaines pourraient être moins affectées. Cela s’explique par leur utilisation d’un signal GPS résistant au brouillage. En effet, ce signal est conçu pour fonctionner dans des environnements à fortes interférences. Ainsi, cet avantage technologique pourrait s’avérer crucial. Il le devient d’autant plus à mesure que les tensions s’intensifient dans la région.

(jw)(fc)

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