Principaux renseignements
- La vulnérabilité des couloirs de transport menace les capacités opérationnelles de première ligne de l’OTAN. C’est ce qui ressort d’un rapport du Council on Geostrategy.
- Des infrastructures obsolètes et la dépendance vis-à-vis du secteur privé créent de dangereux goulets d’étranglement stratégiques.
- Les dirigeants de l’Alliance doivent intégrer des entraînements logistiques en situation de conflit et des défenses spécialisées pour garantir la résilience.
Un rapport récent du Conseil sur la géostratégie met en garde contre le fait que les réseaux logistiques de l’OTAN dans le Grand Nord sont très exposés au sabotage et aux attaques ciblées, ce qui pourrait entraîner un effondrement total des opérations de première ligne lors d’un conflit majeur. L’étude, intitulée « Soutien logistique face aux frappes et au sabotage : logistique contestée dans le Grand Nord », affirme que l’Alliance ne peut plus tenir pour acquise la sécurité de ses corridors de transport à travers le continent européen.
Vulnérabilités critiques dans les transports
Rédigée par Charlotte Kleberg et William Freer, cette analyse souligne que l’incapacité à protéger ces voies de communication pourrait entraîner la perte d’actifs critiques avant même le début des combats, retarder l’arrivée des renforts et entraîner une baisse catastrophique des capacités de combat. Les chercheurs mettent en évidence quatre faiblesses principales : une pénurie d’infrastructures de niveau militaire, des marges de transport étroites, un manque de mesures défensives spécialisées pour les voies d’approvisionnement et l’existence de goulets d’étranglement géographiques.
Ces vulnérabilités sont le résultat d’années d’investissements insuffisants après la guerre froide, associées à une dangereuse dépendance à l’égard de la logistique commerciale « juste à temps » — des risques qui ne sont devenus flagrants qu’après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. La menace est encore amplifiée par la prévalence actuelle des missiles à longue portée et de la technologie des drones.
Le défi du maintien d’un combat de haute intensité
Pour illustrer le volume considérable de ravitaillement requis, le document se réfère à des données de l’époque de la guerre froide. Au cours des années 1980, les projections de l’armée britannique suggéraient qu’une seule division pouvait utiliser 35 000 obus d’artillerie par jour. En revanche, la consommation actuelle de l’Ukraine est d’environ 5 000 obus par jour, une limite imposée en partie par la nécessité pour les membres de l’OTAN de préserver leurs propres réserves.
En ce qui concerne les mouvements de personnel, le rapport fait état d’une lacune stratégique. Alors que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie accueilleront bientôt des brigades et des groupements tactiques déployés de manière permanente, aucune force de ce type n’est stationnée en Finlande, en Suède ou en Norvège. Bien que des formations à grande échelle comme l’ARRC britannique puissent apporter un soutien, le transport de telles forces sous le feu ennemi reste une tâche colossale.
Stratégies pour la résilience future
Pour atténuer ces menaces, les auteurs recommandent à l’OTAN d’intégrer des scénarios de « logistique contestée » dans ses exercices d’entraînement, de renforcer les infrastructures physiques et de mieux se synchroniser avec les capacités de transport commercial.
En outre, ils préconisent le déploiement de systèmes spécialisés de lutte contre les drones et de défenses aériennes mobiles spécifiquement chargés de protéger les lignes d’approvisionnement.
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