Principaux renseignements
- La Russie se sert d’une ancienne campagne néerlandaise de promotion des économies d’énergie pour critiquer les projets de l’UE visant à réduire sa dépendance à l’égard de l’énergie russe.
- L’initiative Energiebank est antérieure aux tensions géopolitiques actuelles et n’était pas liée aux relations entre les États-Unis et l’Iran.
- Malgré les affirmations de la Russie, l’UE diversifie activement ses sources d’énergie et renforce ses mesures de sécurité en réponse aux perturbations potentielles causées par le conflit entre les États-Unis et l’Iran.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, s’est récemment servie d’une campagne néerlandaise sur l’énergie datant de 2021 pour critiquer la décision de l’UE de réduire sa dépendance à l’égard de l’énergie russe. Zakharova a raillé l’UE, lui reprochant d’avoir du mal à voir la réalité en face. Elle a notamment fait référence à une initiative de l’Energiebank qui encourageait les ménages à prendre des douches plus courtes. La porte-parole a établi un lien entre cette campagne et le conflit persistant entre les États-Unis et l’Iran, suggérant que l’Europe se « castrait » en renonçant à l’énergie russe.
Contexte de la campagne
Les déclarations de Zakharova donnent toutefois une image fausse du contexte de la campagne « Energiebank ». Lancée en 2021, cette campagne visait à lutter contre la précarité énergétique aux Pays-Bas en proposant aux ménages des conseils simples pour réduire leur consommation d’énergie et leurs dépenses. La campagne, qui s’appuie sur des recherches menées par la Hogeschool van Amsterdam, est antérieure au conflit entre les États-Unis et l’Iran et aux tensions géopolitiques actuelles.
Tensions géopolitiques
Malgré le récit trompeur de Zakharova, l’Europe est bel et bien confrontée à des chocs énergétiques dus à la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime vitale achemine une grande partie des importations de GNL de l’Europe. Les mesures de rétorsion prises par l’Iran, notamment le déploiement de mines marines et d’essaims de drones, ont effectivement paralysé le trafic maritime dans le détroit.
Cette situation oblige les grandes compagnies maritimes à contourner le détroit d’Ormuz, ce qui a entraîné une hausse des prix de l’énergie et suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire. L’UE reconnaît ces défis et travaille de manière proactive à sa sécurité énergétique en augmentant ses réserves de gaz pour l’hiver. Elle diversifie également ses fournisseurs de GNL, notamment en s’approvisionnant auprès de pays tels que les États-Unis et la Norvège. (ev)
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