Principaux renseignements
- La Banque centrale russe a abaissé son taux directeur à 15 pour cent afin de stimuler l’économie russe en perte de vitesse.
- Malgré un ralentissement de l’inflation, les indicateurs économiques révèlent une contraction du PIB russe et une détérioration du climat des affaires dans tous les secteurs.
- L’incertitude géopolitique, en particulier le conflit au Moyen-Orient, menace d’augmenter les prix à l’importation pour la Russie et de compliquer les décisions de politique monétaire.
La Banque centrale russe a décidé de réduire son taux d’intérêt de référence pour la septième fois consécutive, le ramenant à 15 pour cent. Cette mesure, anticipée par la plupart des économistes, vise à soutenir l’économie russe en perte de vitesse. La banque centrale a reconnu un ralentissement significatif de la hausse des prix en février, l’attribuant à l’atténuation de l’impact des facteurs observés en début d’année. Elle a toutefois également fait part d’une incertitude accrue concernant le contexte économique mondial.
Signes de tensions économiques
Alors que l’inflation s’est ralentie à 5,8 pour cent selon les données récentes, les signes de tensions économiques deviennent de plus en plus évidents. Le produit intérieur brut de la Russie s’est contracté en janvier, et un indicateur du climat des affaires fait état d’un recul dans presque tous les secteurs, suggérant une véritable contraction de l’activité économique.
L’économie russe est confrontée à des défis depuis des mois, notamment des coûts d’emprunt élevés, des sanctions occidentales étendues et la guerre en cours en Ukraine. La récente dépréciation du rouble, après une période de relative vigueur, ajoute une couche supplémentaire de complexité à la situation.
Incertitude géopolitique
Le conflit au Moyen-Orient complique encore davantage la situation pour les décideurs politiques russes. Si la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz fait grimper les prix mondiaux de plusieurs produits d’exportation russes, ce qui pourrait compenser les risques de déficit budgétaire, les économistes mettent en garde contre le fait que ce conflit pourrait, à terme, entraîner une hausse des prix à l’importation pour la Russie. Une perturbation mondiale de l’offre, la hausse des coûts de transport et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement pourraient entraîner une inflation importée, sous la forme d’une augmentation des prix des denrées alimentaires, des biens industriels et des services.
L’impact des changements de politique budgétaire sur la hausse des prix reste incertain. La Russie est en train de réviser sa règle budgétaire, qui prévoit actuellement de couvrir les déficits de recettes pétrolières à partir des fonds de réserve lorsque le prix à l’exportation tombe en dessous de 59 dollars le baril. Malgré la récente flambée des prix de l’énergie, le seuil devrait être abaissé, ce qui pourrait entraîner des réductions des dépenses.
Perspectives de politique monétaire
Une maîtrise réussie des dépenses par le ministère des Finances dans le contexte de la guerre en cours en Ukraine contribuerait à modérer l’inflation. Toutefois, la banque centrale de Russie a averti que si ces efforts s’avéraient insuffisants, le rythme des baisses de taux pourrait ralentir et la politique monétaire resterait plus restrictive. La banque centrale a également exprimé sa crainte que le resserrement de la règle budgétaire n’affaiblisse le rouble à terme.
La prochaine décision sur les taux directeurs est prévue pour le 24 avril. (fc)
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