Du pétrole et du gaz en provenance de Russie à destination de Cuba, pays pauvre en énergie


Principaux renseignements

  • Des livraisons de pétrole et de gaz russes arrivent à Cuba.
  • La Russie enfreint ainsi directement l’embargo américain.
  • Cette aide de la Russie offre une bouée de sauvetage à Cuba, en manque d’énergie, qui a été confrontée à des coupures d’électricité à l’échelle nationale et à des difficultés économiques.

Deux navires russes transportant des approvisionnements essentiels en pétrole et en gaz devraient arriver la semaine prochaine à Cuba, qui manque cruellement d’énergie, défiant ainsi directement l’embargo de longue date imposé par les États-Unis à cette nation insulaire. C’est ce que rapporte le Financial Times. Cette évolution intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et Cuba, le président Donald Trump s’étant récemment vanté de son intention d’exercer un contrôle sur cette nation des Caraïbes.

Bouée de sauvetage pour Cuba

Le Sea Horse, battant pavillon de Hong Kong et transportant, selon certaines sources, 27 000 tonnes de gaz russe, devrait atteindre les côtes cubaines lundi. Par ailleurs, l’Anatoly Kolodkin, battant pavillon russe et chargé d’environ 100 000 tonnes de pétrole brut, devrait arriver le 4 avril. Ces livraisons constituent les premières importations d’énergie de Cuba depuis trois mois, à la suite d’une panne d’électricité à l’échelle nationale qui a plongé l’île dans l’obscurité et exacerbé sa crise économique actuelle.

Les récentes déclarations de Trump concernant la « prise » de Cuba soulignent la position agressive de son administration envers le régime communiste. Il a ouvertement exprimé sa confiance en sa capacité à exercer un contrôle sur la nation, invoquant son état d’affaiblissement actuel. Par ailleurs, le président cubain Miguel Díaz-Canel a confirmé que le pays était engagé dans des pourparlers avec l’administration américaine visant à lever le blocus énergétique.

Pressions américaines

La dernière livraison de pétrole à Cuba provenait du Mexique et remonte au 9 janvier, mais les pressions exercées par l’administration Trump semblent avoir mis un terme aux livraisons suivantes. Le Venezuela, allié de longue date de Cuba et principale source de pétrole, a cessé ses livraisons en décembre à la suite d’une intervention américaine qui a abouti à l’arrestation du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. Díaz-Canel a lancé un avertissement ferme contre tout « agresseur extérieur », promettant une « résistance inébranlable » face aux tentatives visant à porter atteinte à la souveraineté cubaine.

La Russie a publiquement exprimé son soutien indéfectible à Cuba, réaffirmant sa solidarité avec le gouvernement et le peuple cubains. Des sociétés de renseignement maritime ont identifié l’origine du carburant à bord du Sea Horse comme étant russe, tandis qu’il est confirmé que l’Anatoly Kolodkin transporte du pétrole russe de l’Oural.

La dépendance de Cuba vis-à-vis des importations d’énergie

La dépendance de Cuba vis-à-vis du pétrole importé découle de sa capacité de production nationale limitée, qui ne couvre qu’environ 40 pour cent de la demande nationale. Pendant des décennies, des nations amies, comme l’Union soviétique pendant la guerre froide, ont fourni des ressources énergétiques vitales pour soutenir l’économie cubaine, alimentant les foyers, les industries et le secteur crucial du tourisme.

L’embargo américain en vigueur a aggravé la crise humanitaire à Cuba, entraînant des perturbations dans des services essentiels tels que les soins de santé, la distribution alimentaire et la gestion des déchets. Les compagnies aériennes sont confrontées à des pénuries de carburant, ce qui les oblige à suspendre leurs vols. Face à cette situation critique, le gouvernement cubain promeut des initiatives visant à accroître le recours aux sources d’énergie renouvelables, telles que les panneaux solaires. Il encourage également les exilés cubains à investir dans des entreprises sur l’île, dans le but de stimuler le secteur privé. Cependant, l’embargo américain de grande envergure reste un obstacle majeur à l’élargissement des opportunités commerciales et d’investissement.

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