Principaux renseignements
- Les pétroliers continuent de traverser le détroit d’Ormuz, permettant ainsi à l’Iran d’exporter du pétrole brut malgré l’escalade des tensions.
- De nombreux navires ont recours à des transits « clandestins » pour contourner les sanctions occidentales lors du transport de pétrole.
- Une intervention diplomatique permet à certains navires provenant de pays comme le Pakistan et l’Inde de traverser le détroit en toute sécurité, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’un « couloir de sécurité » contrôlé par l’Iran.
Malgré l’escalade des tensions et les menaces de fermeture de cette voie navigable cruciale, les pétroliers continuent de naviguer dans le détroit d’Ormuz, permettant ainsi à l’Iran de maintenir ses exportations de pétrole brut. Depuis le début du conflit, environ 90 navires, dont des pétroliers, ont traversé le détroit, défiant les déclarations iraniennes selon lesquelles ils attaqueraient les navires tentant de le franchir.
Manœuvres d’évitement
Les données maritimes révèlent qu’un nombre important de ces navires effectuent des transits « clandestins », échappant délibérément aux sanctions et à la surveillance occidentales. On pense que beaucoup d’entre eux ont des liens avec l’Iran.
Récemment, des navires associés à l’Inde et au Pakistan ont également réussi à traverser le détroit, grâce aux négociations diplomatiques en cours. Cette évolution souligne l’importance du détroit d’Ormuz en tant que voie de communication essentielle pour le transport mondial de pétrole et de gaz, acheminant environ 20 pour cent de l’approvisionnement mondial en pétrole brut.
Exporter 16 millions de barils de pétrole
Le conflit a considérablement perturbé le trafic maritime depuis début mars, avec environ 20 navires pris pour cible lors d’attaques dans la région. Néanmoins, l’Iran a réussi à exporter plus de 16 millions de barils de pétrole depuis le début du mois de mars, selon le cabinet d’analyse Kpler. La Chine reste le principal acheteur.
Les analystes notent que l’Iran a effectivement tiré profit de ses ventes de pétrole tout en conservant le contrôle de ce point d’étranglement vital. Les données de Lloyd’s List Intelligence corroborent ces conclusions, indiquant qu’au moins 89 navires ont traversé le détroit entre le 1er et le 15 mars, dont 16 pétroliers.
Intervention diplomatique
Bien que ce chiffre représente une réduction considérable par rapport aux niveaux d’avant le conflit (100 à 135 mouvements de navires par jour), il indique que le détroit n’est pas entièrement fermé. Il convient de noter que plus de 20 pour cent de ces navires auraient des liens avec l’Iran, les autres étant liés à la Chine et à la Grèce.
Des cas d’intervention diplomatique sont manifestes, comme en témoigne le passage du pétrolier Karachi, battant pavillon pakistanais et contrôlé par la Pakistan National Shipping Corporation. De même, deux méthaniers battant pavillon indien ont traversé le détroit avec succès à la suite de discussions entre l’Inde et l’Iran.
Pression géopolitique
Ces développements suggèrent que l’Iran pourrait avoir établi un « couloir de sécurité » pour certains navires, en tirant potentiellement parti de ses liens étroits avec la Chine pour minimiser les risques.
Malgré les efforts des États-Unis pour stabiliser l’approvisionnement mondial en autorisant les pétroliers iraniens à traverser le détroit, les analystes avertissent que la stratégie de l’Iran pourrait consister à limiter le trafic de pétroliers afin d’exercer une pression sur les prix mondiaux de l’énergie. La situation reste instable et complexe.
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