Les présidents de partis rappellent à l’ordre le Premier ministre De Wever après ses déclarations sur la Russie

Le week-end dernier, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) est apparu dans plusieurs journaux francophones à l’occasion de la traduction française de son livre « Over welvaart ». Dans ces interviews, il a tenu des propos surprenants sur la Russie, que ses partenaires de coalition ne partagent pas.

Position sur la Russie

Le Premier ministre Bart De Wever a tenu ces propos sur la Russie lors d’une interview accordée à L’Echo. À long terme, il estime que l’Europe doit renormaliser ses relations avec Moscou, ce qui, selon lui, pourrait ramener de l’énergie bon marché en Europe et donner un peu de répit aux entreprises et à l’industrie. Dans le même temps, il affirme que l’Union européenne ne peut pas continuer à financer seule la guerre de manière illimitée, faisant référence à l’aide financière apportée à l’Ukraine, alors que les États-Unis ont réduit leur soutien. Si un cessez-le-feu devait être conclu à l’issue de futures négociations de paix, De Wever plaide en faveur d’une « frontière dure », comparable à la séparation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, tout en estimant que l’Ukraine doit pouvoir faire partie de la famille européenne.

Ce n’est pas la première fois que Bart De Wever s’exprime sur les relations futures avec la Russie. Lors d’une conférence au BOZAR, il a déclaré qu’« il n’est pas souhaitable que la Russie perde la guerre ». Cette déclaration a été faite juste avant les négociations sur Euroclear et a été interprétée par de nombreux observateurs comme une position anti-ukrainienne.

Divisions au sein du gouvernement

Maxime Prévot (Les Engagés), ministre des Affaires étrangères, s’est opposé aux déclarations du Premier ministre Bart De Wever. Selon lui, il ne peut être « question » d’une normalisation des relations avec la Russie. « Ce serait un signe d’affaiblissement », a-t-il déclaré dans une réaction écrite adressée à VRT NWS. Le président de Vooruit, Conner Rousseau, a également remis De Wever à sa place. « Il peut s’exprimer en son nom propre, mais pas au nom du gouvernement », a-t-il déclaré à VTM Nieuws.

Le gouvernement fédéral est souvent divisé sur les dossiers internationaux. L’été dernier, par exemple, il y avait déjà des divergences quant à la reconnaissance éventuelle de la Palestine. Les avis divergent également sur la question de savoir si la Belgique doit fournir un soutien militaire ou logistique à l’Arabie saoudite. Des partis tels que Vooruit et le cd&v sont sceptiques quant à l’envoi d’aide, tandis que Theo Francken (N-VA) s’est prononcé en faveur d’un soutien. Ce débat montre une nouvelle fois à quel point la coalition peut être divisée sur des questions étrangères sensibles.

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