Les responsables de la BCE mettent en garde contre l’impact d’une guerre en Iran sur l’économie de la zone euro


Principaux renseignements

  • Les membres du conseil d’administration de la Banque centrale européenne (BCE) expriment leur inquiétude quant aux conséquences économiques possibles d’une guerre prolongée en Iran.
  • Un conflit prolongé pourrait entraîner une hausse significative de l’inflation et entraver la croissance économique dans la zone euro.
  • La BCE est confrontée à un défi de taille : trouver un équilibre entre la maîtrise de l’inflation et la nécessité de soutenir la croissance économique.

La possibilité d’une guerre prolongée et élargie en Iran inquiète les responsables politiques de la Banque centrale européenne (BCE) quant à l’avenir de l’économie de la zone euro. Alors que le conflit n’en est encore qu’à ses débuts, trois personnalités clés de la BCE ont averti qu’une guerre prolongée pourrait avoir un impact significatif sur l’inflation et la croissance économique.

Le vice-président de la BCE appelle à la prudence

Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a exprimé l’espoir que le conflit soit de courte durée, mais a reconnu le risque d’un changement des anticipations inflationnistes si la guerre se prolongeait. Cette inquiétude découle de l’expérience passée de la BCE avec la flambée des prix de l’énergie suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. La banque avait initialement sous-estimé les pressions inflationnistes, ce qui avait entraîné une augmentation rapide et significative des taux d’intérêt.

Le gouverneur finlandais Olli Rehn a fait écho à ce sentiment de prudence, soulignant l’escalade déjà évidente du conflit. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a également mis en avant le risque d’une hausse de l’inflation et d’un ralentissement de la croissance économique si la guerre se prolongeait. Il a souligné qu’une résolution rapide limiterait les conséquences, mais qu’une période prolongée de prix élevés de l’énergie pourrait avoir des effets néfastes sur la zone euro.

Équilibre entre inflation et croissance

La BCE est confrontée à un exercice d’équilibre délicat dans cette situation. Une inflation plus élevée justifierait généralement une augmentation des taux d’intérêt, tandis qu’une croissance atone suggérerait le contraire. Le gouverneur de la banque centrale lettone, Martins Kazaks, a souligné la nécessité d’évaluer quelle force – l’inflation ou la croissance – prévaut afin de déterminer la réponse appropriée en matière de politique monétaire. Son homologue grec, Yannis Stournaras, a appelé à faire preuve de souplesse dans la fixation des taux d’intérêt.

Pour l’instant, aucun changement des taux d’intérêt n’est prévu lors de la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE, les 18 et 19 mars. Cependant, l’évolution de la situation en Iran sera sans aucun doute suivie de près par les décideurs politiques qui naviguent dans ce paysage économique complexe. (fc)

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