Principaux renseignements
- Le Kirghizistan menace d’intenter une action en justice contre l’UE en raison de sanctions potentielles pour violation présumée des sanctions contre la Russie.
- L’UE cherche à clarifier ses attentes en matière de conformité et à démontrer son engagement à appliquer les sanctions contre la Russie.
- Des sanctions à l’échelle nationale pourraient avoir de graves conséquences économiques et fragiliser les relations avec le pays.
Le Kirghizistan, qui risque des sanctions secondaires de la part de l’Union européenne pour des exportations présumées vers la Russie, est prêt à intenter une action en justice contre Bruxelles. Le Financial Times a précédemment rapporté, sur la base de documents européens, que les importations de biens de haute priorité de l’Union européenne vers le Kirghizistan ont augmenté de huit cents pour cent depuis la guerre en Ukraine.
Kirghizistan veut de la clarté
Daniyar Amangeldiev critique Bruxelles, car l’Union européenne ne donne pas de règles claires pour éviter les sanctions. Il demande des mécanismes précis que les autorités peuvent suivre. Bien que des marchandises finissent parfois en Russie, le ministre affirme que son pays s’efforce d’arrêter ces flux.
Le projet de l’Union européenne serait une première, puisqu’elle utiliserait ses pouvoirs contre le contournement des sanctions à l’échelle d’un pays. Des documents européens montrent que les importations de produits sensibles vers le Kirghizistan ont explosé depuis l’invasion de l’Ukraine, tout comme les exportations vers la Russie.
Importation en hausse
Amangeldiev attribue une grande partie de la croissance des importations à des projets de grande envergure tels que la construction d’une centrale hydroélectrique au Kirghizistan. Il réaffirme que le Kirghizistan s’oppose au commerce de marchandises interdites et a communiqué à l’UE un ensemble de documents détaillant ses efforts en la matière.
Les responsables de l’UE reconnaissent les assurances données par le Kirghizistan concernant le renforcement des contrôles, mais expriment leurs inquiétudes quant à l’application des sanctions. Ils soulignent que l’objectif n’est pas d’empêcher le Kirghizistan de commercer avec la Russie, mais plutôt de garantir que ce commerce n’implique pas un contournement délibéré des sanctions.
Conséquences potentielles des sanctions
L’Union européenne veut montrer sa fermeté face au contournement des sanctions. Pourtant, des experts craignent des représailles et suggèrent plutôt des incitations, comme un meilleur accès au marché.
Daniyar Amangeldiev prévient que des sanctions nationales nuiraient à l’image et à l’économie du Kirghizistan. Il rappelle que son pays, situé sur des routes commerciales historiques, dépend fortement du commerce. De plus, les liens avec la Russie restent étroits, car de nombreux citoyens vivent des transferts d’argent des migrants kirghizes qui y travaillent.
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