Le Kenya arrête un homme accusé d’avoir recruté des Kenyans pour combattre en Ukraine


Principaux renseignements

  • Les autorités kenyanes ont arrêté Festus Omwamba pour trafic d’êtres humains lié à l’envoi de Kenyans combattre en Ukraine.
  • Plus d’un millier de Kenyans ont été recrutés, et beaucoup d’entre eux ont subi des conséquences dramatiques comme des blessures ou la captivité.
  • d’Omwamba représente une étape cruciale vers la fin de l’exploitation russe des Kenyans dans le conflit ukrainien.

Les autorités kenyanes ont arrêté un homme de 33 ans accusé de recruter des citoyens pour combattre avec la Russie en Ukraine. Cette arrestation fait suite à des protestations généralisées de la part des familles dont les proches ont disparu ou ont péri dans le conflit.

Accusé de traite d’êtres humains

La police a appréhendé Festus Omwamba, trente-trois ans, près de la frontière entre le Kenya et l’Éthiopie. Le ministère public kényan l’accuse désormais de traite d’êtres humains. Le suspect a trompé plus de vingt-cinq citoyens l’année dernière en leur faisant miroiter des emplois qualifiés en Russie. Il a finalement envoyé ces recrues combattre au front en Ukraine.

Omwamba s’était terré dans la clandestinité dès son retour de Russie. Sa fuite coïncidait avec l’inquiétude grandissante des familles, confrontées à la disparition ou au décès de leurs proches. Le gouvernement kényan confirme en outre l’ampleur du réseau : plus de mille citoyens ont rejoint les rangs russes. Parmi eux, au moins 89 participent encore aux combats, tandis que 39 occupent des lits d’hôpital et 27 restent portés disparus. D’autres ont réussi à regagner leur foyer.

Collaboration avec des officiels russes

Un rapport déposé au Parlement kényan expose une collusion entre des officiels locaux, des agences russes et des recruteurs véreux pour envoyer des citoyens au front. L’ambassade de Russie à Nairobi rejette toutefois ces accusations, car elle assure ne délivrer aucun visa aux combattants en Ukraine.

Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, dépêche désormais une mission diplomatique en Russie pour régler ce dossier. Il multiplie également les démarches pour libérer les Kényans détenus en Ukraine et rapatrier les ressortissants bloqués sur le sol russe.

Promesses fallacieuses

Avec l’arrestation d’Omwamba, les autorités kényanes portent un coup d’arrêt au recrutement de citoyens pour le conflit ukrainien. Plusieurs recrues ont réussi à s’échapper pour se réfugier à l’ambassade du Kenya, où elles détaillent désormais comment Omwamba orchestrait leurs demandes de visa et leurs déplacements. Le suspect appâtait ses victimes avec des promesses d’emploi dans la plomberie. Une fois sur place, l’organisation confisquait toutefois leurs passeports pour les interner dans des camps militaires, avant de les envoyer de force sur le front. (fc)

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