La croissance des dépenses militaires russes ralentit dans un contexte économique difficile


Principaux renseignements

  • La croissance des dépenses militaires russes a considérablement ralenti en 2025 en raison des réformes financières et des sanctions occidentales.
  • Malgré ce ralentissement, la Russie a tout de même alloué un montant record de 186 milliards de dollars (158 milliards d’euros) à son armée, dépassant ainsi les dépenses de l’Ukraine.
  • Bien que confrontée à des pressions économiques, la Russie conserve la capacité de poursuivre son effort de guerre contre l’Ukraine dans un avenir prévisible.

La croissance des dépenses militaires russes a considérablement ralenti en 2025, enregistrant la plus faible augmentation depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine quatre ans plus tôt. Ce ralentissement est attribué à la combinaison des réformes financières au sein du ministère russe de la Défense et des tensions économiques causées par les sanctions occidentales.

Contraintes financières

Selon le rapport annuel Military Balance de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), les dépenses de défense de la Russie ont augmenté de 3 pour cent en termes réels l’année dernière, contre une hausse spectaculaire de 57 pour cent en 2024. Malgré ce ralentissement, la Russie a tout de même alloué un montant record de 186 milliards de dollars à son armée en 2025, éclipsant les 44,4 milliards de dollars dépensés par l’Ukraine.

Fenella McGerty, chercheuse senior en économie de la défense à l’IISS, suggère que les dépenses de défense de la Russie pourraient diminuer cette année par rapport à leur niveau maximal. Elle souligne qu’après avoir considérablement augmenté ses budgets de défense au cours des quatre dernières années, la Russie est désormais confrontée à une croissance économique stagnante, à un déficit budgétaire croissant et à une baisse de ses recettes due aux sanctions.

Équilibre entre efficacité et durabilité

Le rapport de l’IISS met en évidence les réformes financières menées au sein du ministère russe de la Défense dans le but de réaliser des économies d’efficacité et d’optimiser les dépenses. Cependant, Mme McGerty souligne que le ministère reconnaît que le climat économique actuel rend impossible le maintien d’une augmentation aussi importante des dépenses de défense.

La Russie et l’Ukraine ont toutes deux augmenté la part de leur PIB consacrée à la défense en 2025, marquant ainsi la quatrième année du conflit en cours. Si la Russie n’a réalisé que des gains territoriaux minimes au prix de pertes humaines importantes, elle a réussi à maintenir l’effectif de ses forces déployées, selon l’IISS. Bastian Giegerich, directeur général de l’IISS, déclare qu’il y a « peu d’indications » que la capacité de la Russie à mener la guerre contre l’Ukraine diminuera au cours de sa cinquième année, et que la menace que représente la Russie pour l’Europe continue de croître.

Augmentation du nombre de victimes

Le rapport de l’IISS note que la Russie a connu une augmentation du nombre de victimes vers la fin de 2025 et au début de 2026, en partie en raison d’une posture offensive plus agressive. Henry Boyd, chercheur senior à l’IISS spécialisé dans les capacités militaires, suggère que si cette tendance persiste, elle pourrait mettre à rude épreuve les capacités opérationnelles actuelles de la Russie. Il note toutefois que les forces armées russes ont la possibilité de réduire leurs activités offensives à titre de contre-mesure.

M. Boyd souligne en outre que la Russie conserve la possibilité de mobiliser sa population à plus grande échelle si le besoin s’en fait sentir afin de renforcer ses effectifs pour l’effort de guerre. Il observe que, historiquement, les taux élevés de pertes russes ont généralement entraîné des changements dans les approches opérationnelles plutôt qu’un retrait complet des opérations de première ligne.

Dépenses de défense en pourcentage du PIB

En 2025, les dépenses de défense de la Russie représentaient 7,3 pour cent de son produit intérieur brut, contre 6,7 pour cent l’année précédente. L’Ukraine, en revanche, a consacré une part nettement plus importante de son PIB à la défense en 2025 (21 pour cent), contre 15 pour cent en 2024.

Les pays européens ont réagi à la menace perçue de la Russie en augmentant leurs propres dépenses de défense. Les membres européens de l’OTAN ont collectivement consacré en moyenne 2,16 pour cent de leur PIB à la défense l’année dernière. M. Giegerich souligne que le soutien politique et public soutenu sera crucial pour maintenir cette tendance à la hausse compte tenu des pressions budgétaires importantes, notant que les alliés soumis à des contraintes budgétaires pourraient avoir du mal à atteindre le nouvel objectif de 3,5 pour cent du PIB alloué aux capacités de défense essentielles d’ici 2035.

Pays européens

La part de l’Europe dans les dépenses mondiales de défense est passée de 17 pour cent en 2022 à 21 pour cent en 2025, l’Allemagne et la Pologne représentant une grande partie de cette croissance. La Belgique, les pays nordiques et l’Espagne ont également connu des augmentations budgétaires substantielles pour leurs secteurs de la défense.

Combler les lacunes en matière de défense aérienne et antimissile reste une priorité absolue pour les pays européens, même si les capacités industrielles limitées et les difficultés à augmenter la production continuent de freiner les efforts de réarmement de l’Europe.

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