Principaux renseignements
- Les accords sociaux novateurs conclus en Belgique pour les travailleurs du sexe ont rencontré un succès limité, ne touchant qu’une fraction des quelque 20 000 personnes estimées dans ce secteur.
- Les conditions strictes d’octroi des permis pour les employeurs et la nature essentiellement indépendante du secteur contribuent à la lenteur du taux d’adoption.
- Les organisations de travailleurs du sexe exhortent les autorités et les propriétaires de maisons closes à soutenir activement la mise en œuvre de la loi et à offrir des avantages tangibles aux travailleurs.
Plus d’un an après que la Belgique soit devenue le premier pays à mettre en œuvre des contrats de travail pour les travailleurs du sexe, seule une petite fraction des quelque 20 000 personnes estimées dans ce secteur ont obtenu de tels contrats. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’agence de presse Belga. La loi, qui vise à accorder aux travailleurs du sexe une reconnaissance juridique et des droits sociaux, a également pour objectif de les protéger contre les risques professionnels. Cependant, elle s’applique uniquement aux personnes employées par des employeurs reconnus.
Impact limité
Des conditions strictes sont attachées aux permis accordés aux employeurs afin d’éviter toute exploitation. À l’heure actuelle, cinq permis ont été accordés et sept demandes sont en cours d’examen. Cela signifie que le nouveau statut professionnel ne concerne qu’une douzaine de personnes sur les quelque 20 000 travailleurs du sexe que compte la Belgique.
La lenteur de l’adoption de cette loi s’explique par la résistance traditionnelle du secteur au changement et par le taux élevé d’auto-emploi parmi les travailleurs du sexe. Des organisations telles qu’Espace P considèrent cette loi comme le point de départ d’une nouvelle ère et soulignent la nécessité pour les syndicats et les propriétaires de maisons closes d’accepter cette reconnaissance et de soutenir sa mise en œuvre.
Appel à l’action
Utopsi, le syndicat belge des travailleurs du sexe, partage ce sentiment et réclame des avantages concrets sur le terrain. Il exprime sa déception face au manque de suivi de la part des autorités. Le cabinet du ministre de l’Emploi assure qu’une évaluation sera menée d’ici la fin de cette année ou au début de l’année prochaine afin d’évaluer l’impact de la loi et d’apporter les ajustements nécessaires.
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