Procter & Gamble, le géant des biens de consommation, a annoncé une baisse surprise de ses ventes au quatrième trimestre, malgré les efforts déployés pour freiner les hausses de prix. Les actions de la société ont chuté de plus de 6 pourcent mardi, à la suite de ces résultats décevants.
P&G a tenté d’enrayer des années de fortes hausses de prix en proposant des remises et des promotions. Toutefois, cette stratégie n’a pas réussi à convaincre les consommateurs, qui restent attentifs aux prix. Les produits les plus chers de l’entreprise, tels que le papier hygiénique Charmin et les couches Pampers, ont connu une baisse de la demande.
Les distributeurs rapportent également des résultats décevants
P&G n’est pas la seule à connaître des difficultés. Des rivaux comme Nestlé et Unilever ont également fait état d’une croissance des ventes au premier semestre inférieure aux attentes. PepsiCo n’a pas répondu aux attentes en matière de ventes plus tôt en juillet, citant la pression financière sur les consommateurs.
Don Nesbitt, gestionnaire de portefeuille senior chez F/m Investments, a noté qu’il y a un « trou dans le secteur de la consommation » et qu’il est de plus en plus difficile de répercuter les augmentations de prix. Les consommateurs font preuve de plus de discernement dans leurs achats, en particulier ceux qui ont des revenus plus faibles.
De nouveaux produits visent à séduire les acheteurs soucieux de leur budget
P&G a beaucoup investi dans de nouveaux produits, notamment les carreaux de détergent Tide Evo et les couches Luvs Platinum Protection, qui offrent des options moins chères et plus respectueuses de l’environnement. Toutefois, des contraintes d’approvisionnement ont retardé le lancement des nouvelles Luvs, entraînant une baisse des ventes.
L’activité principale de l’entreprise dans le domaine des couches a connu un déclin en raison de la perte de parts de marché au profit des concurrents. P&G a multiplié les promotions et les remises, ce qui s’est traduit par une baisse des prix de certains produits et a pesé sur les ventes organiques de sa plus grande division, les produits textiles et d’entretien.
Les dirigeants restent optimistes
Malgré ces résultats décevants, les dirigeants de P&G restent optimistes quant à l’avenir de l’entreprise. Le PDG Jon Moeller pense que si les consommateurs commencent à montrer plus de détresse financière, ils seront plus enclins à acheter des produits P&G, tels que le détergent Tide et les rouleaux de papier hygiénique.
L’entreprise a fait état d’une augmentation de 1 pourcent de ses volumes globaux, grâce à la croissance de ses activités de toilettage et de sa division des soins de santé. Les ventes nettes ont reculé à 20,53 milliards de dollars, manquant ainsi les attentes de 20,74 milliards de dollars.
Les défis ne manquent pas
P&G est également confronté à des défis en Chine, où les boycotts des consommateurs de sa marque de produits de beauté japonaise SK-II continuent de nuire à ses résultats. L’activité beauté de l’entreprise a enregistré une baisse de 1 pourcent des volumes. Les dirigeants ont noté que le sentiment ne s’est pas amélioré en Chine au cours des six derniers mois.
L’entreprise constate également que les marques occidentales continuent d’être boycottées au Moyen-Orient. Toutefois, P&G prévoit de racheter entre 6 et 7 milliards de dollars d’actions ordinaires au cours de l’exercice 2025 et projette une augmentation du bénéfice de base comprise entre 6,91 et 7,05 dollars par action pour la même période.
Le PDG de P&G s’est dit confiant dans la poursuite de la croissance de l’entreprise, citant des opportunités dans les divisions toilettage et soins de santé. Le bénéfice ajusté de 1,40 $ par action a dépassé les estimations de 1,37 $, principalement en raison de la baisse des coûts des matières premières.
Les principaux enseignements
• P&G a annoncé une baisse surprenante de ses ventes au quatrième trimestre, malgré les efforts déployés pour limiter les hausses de prix.
• Des concurrents comme Nestlé et Unilever ont également publié des résultats décevants.
• Les produits les plus chers de l’entreprise ont connu une baisse de la demande, les consommateurs restant attentifs aux prix.
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

