70 experts allemands tirent la sonnette d’alarme face à la Russie: « On ferme les yeux depuis trois décénnies »

En Allemagne, plus de 70 experts en Europe de l’Est et en sécurité appellent le gouvernement à prendre des mesures contre les provocations de la Russie. Le pays, malgré son statut d’État membre le plus important de l’UE et de partenaire principal du traité de l’OTAN, serait trop laxiste dans sa politique étrangère vis-à-vis de la Russie. Chaque jour, une réaction européenne aux provocations russes semble devenir plus urgente.

Pourquoi est-ce important ?

Chaque jour, le conflit avec la Russie semble faire un pas de plus vers l’escalade. Plus de 100 000 soldats russes se sont déjà rassemblés à la frontière avec l'Ukraine, et la Russie continue d'envoyer des troupes et des équipements dans les zones frontalières. L'Europe et l'OTAN attendent patiemment. Les négociations entre l'OTAN et la Russie visant à désamorcer la crise ukrainienne se sont soldées par un échec.

La lettre, qui a été signée par 73 experts, reproche à l’Allemagne – « en tant que plus grande puissance économique d’Europe, de suivre d’un œil critique, mais largement inactif, les actions du Kremlin depuis trois décennies maintenant ». Les signataires soulignent que l’Allemagne a donc une certaine responsabilité, « à la fois pour freiner et punir la Russie et pour soutenir les États qui sont dispersés et harcelés par Moscou ».

Trop doux

Les experts affirment également que les sanctions économiques prises par l’Europe à l’encontre de la Russie après l’annexion de la Crimée et des zones frontalières orientales de l’Ukraine étaient trop légères. Plus précisément, la construction du gazoduc Nord Stream, qui achemine le gaz de la Russie directement vers l’Allemagne, est citée comme la cause directe du conflit en Ukraine.

« L’attaque de Poutine contre l’Ukraine en 2014 semble être une conséquence presque logique à la lumière des 20 années précédentes de passivité allemande face au néo-impérialisme russe », peut-on lire dans la lettre. D’autres « réactions purement verbales ou symboliques de Berlin aux aventures révisionnistes russes » ne feraient que tenter le Kremlin à de nouvelles escapades ces jours-ci », peut-on également lire.

Pas seulement l’Ukraine

Il faut être clair : les experts ne sont pas des fans de l’approche européenne dans la bataille verbale constante avec la Russie. Cela va d’ailleurs bien au-delà de la situation en Ukraine, comme on peut le lire dans De Morgen. L’île suédoise de Götland, qui se trouve dans la mer Baltique, est en état d’alerte le plus élevé, par crainte d’une invasion russe. La Suède a déjà envoyé des troupes massives et des chars sur l’île, et des avions de guerre suédois patrouillent aussi régulièrement dans la zone.

Dans le couloir de Suwalski aussi, ce sont des jours d’angoisse. Il s’agit de la zone située à la frontière entre la Pologne et la Lituanie, délimitée en haut par l’enclave russe de Kaliningrad et en bas par la Biélorussie. Si la Russie parvient à envahir et à conquérir cette zone, les États baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) seront géographiquement coupés du reste de l’OTAN.

Cela serait particulièrement dommageable pour l’Occident, car les pays baltes revêtent une importance stratégique exceptionnelle pour l’OTAN. L’OTAN dispose de bases militaires dans chacun de ces trois pays ; plus de 300 soldats belges sont d’ailleurs actuellement stationnés en Europe de l’Est.


La lettre complète des experts allemands peut être consultée ici en allemand.

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