50% moins cher que les fournisseurs d’électricité: la demande des coopératives énergétiques belges explose, elles ne peuvent plus prendre de nouveaux clients

Les coopératives énergétiques proposent un prix moins élevé que les fournisseurs classiques. Avec les prix de l’énergie qui montent en flèche, elles voient leur demande d’intégration exploser. Nombre d’entre elles ne peuvent plus prendre de nouveaux clients car les installations sont au bout de leurs capacités.

Avec l’explosion des prix de l’énergie, les alternatives au réseau classique gagnent en intérêt. Panneaux solaires, pompe à chaleur, réduction de la consommation : les ménages tentent de trouver un moyen de diminuer leur facture. Certains rejoignent des coopératives.

Qu’est-ce que c’est? En Belgique, tout comme ailleurs en Europe, il existe des coopératives de l’énergie renouvelable. Le principe est simple : un collectif de citoyens investit dans des installations d’énergie renouvelable, comme des éoliennes ou un parc de panneaux solaires, pour gérer son propre approvisionnement en énergie. Les utilisateurs paient alors au prix coûtant, qui est fixé sur la durée de vie de l’installation, dans l’exemple d’Ecopower, une coopérative flamande parmi les 40 qu’on peut trouver dans notre pays (elles alimentent 2% de la population). Ils paient en plus des frais de réseaux et de service ainsi que des taxes, rapporte Reuters.

50% moins cher que les fournisseurs classiques

Cette coopérative gère des éoliennes et des panneaux solaires. En 2021, elle a produit 80 millions de kilowatt/heure, et alimenté 55.000 ménages, ce qui en fait la plus importante coopérative du royaume.

Avec une consommation annuelle de 2.000 kWh, un ménage va payer 570 euros chez Ecopower, contre plus de 1.000 auprès des autres fournisseurs, selon différents sites de comparaison. La Belgique est d’ailleurs, rappelons-le, un des pays européens où le prix de l’énergie a le plus augmenté, selon Eurostat.

Mais de base, le prix n’était pas le principal élément derrière la création de la coopérative, en 1991. « Notre promesse n’est pas que nous serons toujours les moins chers », explique la porte-parole Margot Vingerhoedt à Reuters. « Nous apportons une réponse à la triple crise du changement climatique, de la dépendance géopolitique, ainsi que de l’inflation des prix et de la pauvreté énergétique. Les prix faramineux aggravent la situation et les entreprises énergétiques traditionnelles ne s’attaquent pas à ce problème, car leur principal objectif est le profit. »

« Nous voulons être aussi indépendants que possible des marchés financiers et des marchés de l’énergie. C’est pourquoi les prix dans les coopératives sont très stables, même aujourd’hui en cette période de crise, parce que nous avons la production entre nos mains », explique l’ingénieur de la coopérative, Jan De Pauw.

Déjà au bout de leurs capacités

Ces derniers mois, l’intérêt pour ces coopératives a considérablement augmenté. A tel point qu’elles ne peuvent plus prendre de nouveau membres, car les capacités de production des installations sont exploitées au maximum, à l’image d’Ecopower mais aussi de la coopérative anversoise ZuidtrAnt (qui gère un système de chauffage).

Un autre acteur voit un signe de bon augure pour le futur dans cette explosion de la demande. « Les prix sont fous en ce moment et les gens se concentrent là-dessus. Mais à long terme, les coopératives d’énergie vont attirer de plus en plus de personnes, car les effets du changement climatique deviennent de plus en plus tangibles », explique An Van Hemeldonck, chef de projet auprès d’Energent. Cette coopérative a aidé près de 700 ménages à installer des panneaux solaires cette année. Les nouvelles demandes, entre janvier et mars, étaient plus élevées que celles de toute l’année 2021.

Quelle expansion est possible?

Un tel modèle décentralisé et détaché des marchés et de leur volatilité est-il possible à plus grande échelle? Selon des experts, des défis face à une expansion plus large sont l’intermittence des énergies renouvelables, et les capacités de stockage de l’énergie produite.

Guell, le représentant européen du secteur, estime qu’il faut des lois qui soutiennent ces coopératives pour permettre une expansion plus large. Zuhal Demir, ministre flamande de l’Energie, est en faveur de ces coopératives, selon le coup de sonde de Reuters. Comme tous les partis semblent décidés qu’il faut faire quelque chose pour le pouvoir d’achat, le sujet des coopératives pourrait aussi gagner de l’intérêt au niveau politique.

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