300.000 Belges sont « femmes ou hommes au foyer », un chiffre en constante baisse

Environ 4% de la population active est homme ou -bien plus souvent- femme au foyer en Belgique. Une situation souvent motivée par la nécessité de s’occuper d’enfants, ou de personnes qui ne sont pas ou plus autonomes. Toute une population fantôme de non-actifs qui pourrait bénéficier de la création de nouvelles infrastructures de garde d’enfants ou de soins.

C’est une situation qui peut paraître désuète, et qui est décrite en employant un vocabulaire souvent suranné, mais il n’empêche qu’il s’agit là de la réalité d’une part non négligeable de nos concitoyens et surtout -encore- de nos concitoyennes. Selon une enquête de l’Institut pour un Développement Durable (IDD) la Belgique compte 350.000 personnes au foyer, dont 300.000 âgées de 20 à 64 ans.

Cette catégorie socio-professionnelle un peu oubliée n’a jamais disparu, même si elle a fortement décliné en termes d’effectifs : en 1986 plus d’un million de personnes entraient dans cette catégorie. Elle représentait donc 18% de la population, contre encore 4% en 2020. Et, à l’époque comme aujourd’hui, ce sont très majoritairement des femmes : elles représentent toujours 95% des « personnes au foyer ». Leur répartition dans les tranches d’âges de la société n’a pas énormément évolué non plus sur les 35 dernières années : +/- 45% de 50-64 ans, +/-35% de 35-49 ans et +/- 20% de 20-34 ans.

Une nécessité plus qu’un choix ?

Alors que cette population est en âge et en état de travailler, dans leur immense majorité, les personnes interrogées ne comptent pas reprendre le travail dans un futur plus ou moins proche, même si, pour 39% d’entre elles, elles ont exercé une profession par le passé. Dans 86% des cas, la raison évoquée est d’origine familiale, et 35% avancent comme raison la garde d’enfants ou de personnes dépendantes. Un argument qui laisse sous-entendre, selon l’IDD, que ces personnes restent chez elles avant tout par nécessité, et non par choix. Et pour les personnes qui ont exercé un travail auparavant, dans 81% des cas, le dernier job remonte à trois ans au moins.

« Cette population constitue-t-elle une ressource de main-d’œuvre (à côté d’autres) pour contribuer à atteindre un taux d’emploi de 80% ? Difficile de répondre sur base des seules données de l’enquête sur les forces de travail, mais on notera quand même le grand nombre de personnes mobilisées par la garde d’enfants ou de personnes dépendantes » détaille Philippe Defeyt, économiste de l’Institut. « Il est donc probable que plus de structures d’accueil pour enfants et plus de services d’aides pour les personnes dépendantes permettraient de libérer des énergies pour le marché du travail. »

Une création de lieux d’accueil et de soins qui se traduirait fort logiquement par de nouveaux emplois, entrainant, peut-être, un début de cercle vertueux. Aux différents gouvernements maintenant de creuser dans cette direction, alors que le chômage reste élevé malgré de nombreux postes à pourvoir.

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