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3 pièges sur le marché du travail post-covid-19, et comment les éviter

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Économie

14/07/2020 | Baptiste Lambert | 7 min de lecture

NICOLAS MESSYASZ/SIPA/ ISOPIX

Les gouvernements européens travaillent sur des plans de relance pour leurs économies respectives. Ce à quoi ils ressemblent concrètement est toujours un mystère. En Belgique, la Première ministre et les ministres concernés ont entamé un tour de table, mais cela reste un exercice délicat et très controversé pour un gouvernement minoritaire. Sophie Wilmès (MR) a néanmoins rencontré une série de PDG de grandes multinationales. Sont également prévues, des discussions avec un ‘panel de citoyens’ et des ‘gens du terrain’ : entrepreneurs, commerçants et indépendants.

Il y a trois écueils sur le marché du travail que les gouvernements devraient éviter.

1. Une forte augmentation du chômage structurel

C’est dû au fait que les personnes qui perdent leur emploi n’ont pas les compétences requises pour occuper d’autres emplois. En d’autres termes, la crise du Covid-19 a affecté la structure sectorielle de l’économie.

Certains secteurs connaissent des années difficiles. Pensez au tourisme, au secteur de l’aviation (graphique ci-dessous) et au secteur automobile. Mais les personnes qui étaient actives dans le secteur de l’aviation ne seront pas facilement embauchées dans des secteurs où se créent de nouveaux emplois: TIC, commerce en ligne, logistique, pharmaceutique…

Une forte augmentation des sociétés zombies

De généreux régimes de chômage temporaire ont empêché des licenciements massifs, en particulier dans l’UE. Cela contraste avec les États-Unis. En Europe, environ 35 millions de personnes ont bénéficié d’allocations de chômage temporaires. En conséquence, le chômage dans le bloc européen est resté globalement inchangé à 7,4%, tandis que le chômage aux Etats-Unis a frôlé les 15%, alors que le pays était en situation de plein emploi début 2020. (graphique ci-dessous).

Mais à plus long terme, les dépenses européennes ne sont pas viables. Surtout dans des pays comme l’Italie, où les entreprises n’ont pas le droit de licencier. Si les gouvernements continuent de se concentrer sur l’emploi dans les entreprises qui sont déjà en difficulté, le nombre d’entreprises zombies continuera d’augmenter.

L’OCDE, le groupe de réflexion des pays riches, a défini l’année dernière les sociétés zombies comme ‘des sociétés de plus de 10 ans où la rentabilité n’a pas été suffisante pour couvrir les paiements d’intérêts au cours des trois dernières années’. En gros, des entreprises sous assistance respiratoire mais qui ne sont pas en bonne santé. Avec 9%, la Belgique se classe à l’arrière du classement européen. Seules l’Espagne et la Grèce font encore pire.

Les politiciens ont souvent tendance à maintenir en vie les entreprises zombies: cela évite les licenciements massifs dans les secteurs en difficulté. Mais les sociétés zombies freinent les forces du marché. Ces sociétés n’investissent pas, ne croissent pas et ralentissent ainsi la croissance de la productivité, la constitution de capital et, finalement, le produit intérieur brut (PIB). Les entreprises qui n’existeraient plus dans des circonstances normales peuvent ainsi continuer à concurrencer les entreprises saines. De plus, elles privent ces derniers de la part de marché à laquelle elles ont droit.

3. Polarisation croissante sur le marché du travail

Il est possible qu’une série d’emplois détruits (aviation, production automobile) soient plus sophistiqués que les emplois créés (logistique, services, chauffeur …). Cela conduira à une polarisation croissante du marché du travail. En raison de la disparition d’un grand nombre d’emplois dans l’industrie, de la création d’un petit nombre d’emplois sophistiqués (TIC) et de la création d’un grand nombre d’emplois pour les travailleurs peu qualifiés, principalement dans le secteur des services (graphique ci-dessous). Ceci, à son tour, limitera la mobilité sociale ascendante.

Comment éviter ces pièges?

Selon les recherches de la banque d’investissement française Natixis, ces 3 écueils peuvent encore être évités. Pour cela, les gouvernements doivent:

  • Accepter les licenciements dans les secteurs en difficulté pour décourager la création de sociétés zombies.
  • Ces licenciements doivent s’accompagner des programmes de requalification systématiques et massifs, rémunérés et financés par l’État pour limiter le chômage structurel.
  • Soutenir la formation au sein de grandes entreprises dans des secteurs d’avenir: pharmaceutique, santé, TIC, énergies renouvelables, économie en ligne,…

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Source: BusinessAM


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