La France est confrontée à un excédent de vin. Cette offre excédentaire provoque une chute sensible des prix. Pour maintenir les prix à un niveau sain et donner aux viticulteurs la possibilité de s’adapter à l’affaiblissement du marché, le gouvernement investit 200 millions d’euros dans la distillation des excédents en vue d’une utilisation industrielle.
Dans l’actualité : La France, deuxième producteur mondial de vin, est confrontée à une offre excédentaire en raison de l’affaiblissement de la demande intérieure et de la concurrence croissante sur le marché international.
Le gouvernement, soutenu par un fonds européen, tente de « stopper l’effondrement des prix et d’aider les viticulteurs à trouver de nouvelles sources de revenus ». C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, lors de la visite d’une distillerie vendredi dernier.
- L’industrie viticole française a surproduit 3 millions d’hectolitres (120 piscines olympiques) cette année. Cela représente 7 % de la production totale de 2022, rapporte le Financial Times. Les excédents concernent principalement les segments de marché les moins chers. Les vins de luxe et le champagne restent très demandés.
- D’une part, le vin perd de sa popularité auprès des jeunes, qui optent davantage pour la bière et les spiritueux, ce qui s’ajoute à une tendance croissante des jeunes à consommer moins d’alcool.
- D’autre part, la concurrence accrue sur le marché international du vin est également citée comme raison de la baisse de la demande.
- Grâce à une subvention de 200 millions d’euros, contre 160 millions auparavant, le vin sera transformé en éthanol dans les distilleries. Celui-ci sera ensuite vendu à des fins industrielles. Ainsi, tout le produit ne sera pas gaspillé et les viticulteurs conserveront une partie de l’offre restante.
- Le plan gouvernemental intervient à l’approche des vendanges. On s’attend à ce que les viticulteurs du Bordelais et du Languedoc soient les principaux bénéficiaires de l’aide.
Changement climatique
- Le gouvernement français propose également une alternative intéressante. Les viticulteurs seront payés pour ne rien faire de leurs terres. Cela permettra également de réduire l’offre et de donner aux champs le temps de se rétablir, ce qui garantira un sol plus nutritif à l’avenir. La création de forêts à partir d’anciens vignobles fait également partie des options envisageables.
- Dans le Bordelais, 1.000 viticulteurs auraient déjà souscrit à ce type d’aide. Cela concerne environ 8 % de la surface cultivée dans cette région. En raison des changements climatiques, les vendanges ont lieu de plus en plus tôt dans l’année.
(JM)

