« Le risque d’une rupture totale de l’approvisionnement en gaz est aujourd’hui plus réel que jamais » : ce sont les mots du Commissaire européen Frans Timmermans, responsable de la politique climatique de l’UE. Alors que 10 pays font face à des coupures, l’Allemagne déclenche son 2e niveau d’alerte sur 3.
La semaine dernière, la Russie a réduit le débit de son gazoduc Nord Stream 1 à 40 % de sa capacité. L’entreprise évoquait des problèmes techniques et d’équipement. Plusieurs pays faisaient déjà face à des coupures de gaz russes suite à leur refus de se conformer au système de paiement en roubles de la Russie: on retrouvait la Pologne, la Bulgarie, les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande.
Avec la coupure partielle du gazoduc qui relie Berlin à Moscou, l’Allemagne se retrouve à son tour dans une situation délicate. Rappelons que nos voisins sont l’un des pays de l’UE qui dépend le plus du gaz russe. La première économie d’Europe a donc décidé de lancer son 2e niveau d’alerte sur 3. Elle avait lancé le 1er niveau en mars déjà.
Les 3 niveaux d’alerte
Au total, 10 des 27 États membres ont lancé un niveau « d’alerte précoce ». Ce niveau consiste en la surveillance des approvisionnements. Le niveau « alerte » permet théoriquement aux services publics de répercuter les prix élevés sur les consommateurs et donne le pouvoir aux autorités de faire baisser la demande. La 3e phase – l’état « d’urgence » – donne le droit aux autorités de forcer l’industrie à réduire ses activités.
L’Allemagne a déjà fait savoir en mars dernier que les premiers affectés seraient les industries et les entreprises, pas les ménages. Mais nos voisins ont été contraints d’augmenter leur production de charbon pour compenser ce déficit en gaz. À ce propos, l’Agence internationale de l’énergie a suggéré aux capitales européennes d’augmenter temporairement leur production de charbon, mais aussi de reporter la sortie du nucléaire. La première économie d’Europe était clairement visée.
Rappelons que dans le cadre de son plan REPowerEU, l’UE a pour objectif de baisser de deux tiers sa dépendance au gaz russe d’ici la fin de l’année, alors qu’elle a déjà acté un boycott du pétrole russe. Pour passer l’hiver au chaud, les capitales européennes doivent urgemment remplir leurs stocks de gaz. Pour l’heure, les réserves stratégiques sont pleines à 55%. L’objectif est de 80%, mais ces coupures viennent clairement contrarier ce projet.
Belgique
La ministre belge de l’Énergie, Tinne Van Der Straeten (Groen), a pris acte de la 2e phase d’alerte de l’Allemagne, indiquant que la Belgique, qui ne dépend pas beaucoup du gaz russe, exporte 3,5 fois sa consommation vers les Pays-Bas et l’Allemagne, par solidarité.
De notre côté, « l’approvisionnement en gaz en Belgique est garanti », affirme la ministre. « Après consultation avec gestionnaire de réseau Fluxys & Administration Énergie, une ‘Alerte précoce’ n’est aujourd’hui pas d’actualité. »