Voici venir les robots contremaîtres

Des contremaitres (qui ne sont pas des algorithmes)
Unsplash/Scott Blake

Comme les robots n’ont pas encore acquis la dextérité ou la sociabilité nécessaires pour leur permettre de se substituer à tous les emplois humains, il n’est pour l’instant pas possible d’automatiser tous les emplois. Qu’à cela ne tienne : dans certains cas,  il est tout de même possible de robotiser la supervision des employés qui occupent ces postes. 

De plus en plus de systèmes d’intelligence artificielle sont employés pour superviser les employés des boutiques, des plate-formes d’appels ou chaînes de production. Les automates peuvent aussi améliorer la sécurité, en obligeant les employés à porter leur tenue de sécurité, ou en veillant à ce qu’ils ne s’aventurent pas dans des zones dangereuses de l’usine, par exemple.

Chronométrage des temps et des pauses, enregistrement des erreurs…

Rien n’échappe à ces algorithmes : ils chronomètrent les travailleurs, enregistrent systématiquement les erreurs commises, les durées de pause, et les temps de réalisation de certaines tâches. 

Les compilations de ces données permettent d’optimiser l’exécution du travail. Les entreprises peuvent ainsi apprendre à leurs employés à éviter certaines erreurs, et améliorer leur rentabilité. Dans un second temps, ces informations permettront également de former les automates qui remplaceront ces employés à terme

Jess Kutch, cofondateur de Coworker.org, une ONG qui aide les travailleurs à s’organiser, affirme qu’il n’y a là rien de nouveau. Après tout, au début du siècle dernier, les responsables chronométraient déjà leurs subalternes, et cette mesure du  temps est même l’un des fondements du taylorisme.

Des contremaîtres robotiques peuvent-ils faire preuve d’humanité ? 

Néanmoins, on peut se demander si les employés encadrés de cette manière ne souffriront pas du manque d’humanité de leurs contremaîtres robotiques. Dans les usines américaines, où ces algorithmes sont de plus en plus présents, les ouvriers redoutent que l’on accélère le rythme de progression des chaînes de production, pour le porter à des cadences infernales. 

Mais les concepteurs de ces algorithmes affirment que ces derniers sont aussi profitables pour les employés qu’ils le sont pour leur patron. 

Automatiser les tâches les plus ingrates

Prasad Akella, CEO de Drishti, l’un de ces logiciels de supervision de chaînes d’assemblage, explique que son application permet aux employés les plus méritants de sortir du lot, qu’il récompense l’efficacité, la créativité et qu’il veille sur la sécurité des travailleurs. Selon lui, il n’est pas question d’accélérer excessivement les cadences, car cela entraînerait de trop nombreuses erreurs. 

Jeff Gallino, directeur technique de CallMiner, une IA qui surveille les employés de centres d’appel, affirme que son algorithme est plébiscité par ces derniers, car il est ‘impartial’. D’après lui, son logiciel permettra même d’automatiser les tâches les plus ingrates du service.