Voici pourquoi les Européens se ruent sur les véhicules d’occasion

Les navetteurs préfèrent privilégient la mobilité individuelle aux transports publics. – Ben Cawthra/Shutterstock

Le nombre de véhicules d’occasion immatriculés dans les États membres de l’Union européenne a augmenté au cours des derniers mois. Sur Internet également, on a constaté un intérêt accru pour les véhicules plus anciens. C’est en tout cas ce que démontre un rapport de l’agence de presse Reuters, basé sur les chiffres de l’analyste IHS Markit et du marché automobile en ligne AutoScout24.

Selon les chercheurs, le phénomène est étroitement lié à une baisse de popularité des transports publics qui découlé d’une crainte de contracter le coronavirus. 

La mobilité individuelle

L’intérêt croissant pour les voitures d’occasion est un coup dur pour les transports publics et pour l’environnement. Les vieilles voitures génèrent davantage d’émissions de carbone, sans oublier que les risques de panne, qui sont une entrave à la sécurité routière, sont également plus importants. Enfin, cela pourrait se répercuter sur les compagnies d’assurances qui verraient leurs charges augmenter. 

Ce phénomène n’a pourtant pas le même écho partout. ‘À long terme, une transition vers une mobilité individuelle pourrait devenir un avantage pour les constructeurs automobiles’, expliquent les chercheurs. Cela pourrait les aider à se relever de la crise, qui a réduit les ventes de véhicules neufs en Europe de 27% depuis le début de la pandémie.

Les chercheurs soulignent que de nombreux vendeurs de véhicules d’occasion reconnaissent avoir fait de bonnes affaires au cours des derniers mois. La société espagnole OcasionPlus, entre autres, a ouvert quatre nouvelles succursales depuis le début de la crise.

Le vendeur britannique Nawaie Motoring affirme également que la demande s’est fortement développée pour les voitures plus anciennes, qui ont souvent plus de dix ans. ‘Les prix des voitures d’occasion bon marché ont augmenté de 25% en raison de la forte demande’, affirme Ameen Sultani, directeur général de Nawaie Motoring. 

L’électrique

Les calculs d’IHS Markit ont montré que près de 16% supplémentaires de véhicules d’occasion avaient été immatriculés en France au cours du troisième trimestre, par rapport à la même période l’année dernière. En revanche, on a constaté une baisse de plus de 5% pour les voitures neuves.

On peut également noter un intérêt accru pour les voitures qui ont au moins une décennie et demie d’âge’, indiquent les chercheurs. En Espagne, les chiffres sont encore plus clairs. Là, les ventes de voitures d’occasion ont augmenté de près de 25%. Les voitures de plus de vingt ans, en particulier, y ont connu un intérêt remarquablement élevé’, ajoute-t-il.

Selon AutoScout24, les recherches en ligne liées aux voitures anciennes ont également fortement augmenté depuis l’été dernier. Entre juillet et en septembre, la demande de voitures d’occasion vieux de plus de 20 ans a augmenté de 80% par rapport à la même période l’année dernière en France’, déclare Edgar Berger, directeur général d’AutoScout24. Le directeur souligne qu’une augmentation a été a aussi été enregistrée aux Pays-Bas (77%) et en Belgique (59%). 

En revanche, l’intérêt pour les voitures électriques d’occasion reste très limité. OcasionPlus affirme avoir actuellement dans son stock 2.800 véhicules prêts à être vendus, mais on ne trouve que six voitures électriques entre les deux. Le public se méfie beaucoup des performances à long terme de ce type de véhicule’, commente Fernando Rodriguez, directeur du marketing d’OcasionPlus.