Voici ce que font les entreprises allemandes pour faire face à l’assèchement du Rhin

La vague de chaleur qui sévit actuellement en Allemagne a fait baisser le niveau du Rhin, l’une des artères du transport de marchandises les plus importantes d’Europe, à un niveau dangereusement bas. Plusieurs entreprises prennent désormais des mesures pour sécuriser la chaîne logistique.

Selon les données de l’Office allemand des eaux et de la navigation, d’ici le 15 août, le niveau du Rhin sera si bas qu’il ne sera plus rentable de transporter des marchandises par voie fluviale. Les bateliers seraient confrontés à un choix difficile : transporter moins de marchandises, ce qu’elles font déjà actuellement, ou courir le risque d’être bloqués.

En conséquence, les entreprises sont obligées de trouver d’autres moyens pour transporter les marchandises. Un grand nombre de conglomérats allemands ont déjà annoncé ces derniers jours ce qu’ils avaient l’intention de faire. Et cela peut augmenter considérablement le coût du transport de produits essentiels, comme le charbon pour certaines centrales électriques.

Les producteurs d’énergie cherchent des voies alternatives

Le géant allemand de l’énergie Uniper a déclaré jeudi qu’il ne peut garantir que toutes les centrales électriques au charbon pourront fonctionner au maximum de leur capacité dans les semaines à venir. En effet, elles sont habituellement approvisionnées en carburant par voie fluviale.

La société pense maintenant à faire livrer le charbon par voie ferroviaire, mais estime que cela pourrait ne pas suffire à compenser le manque de navires. Les problèmes de production d’électricité pourraient donc durer jusqu’en septembre.

Mais tous les producteurs d’électricité ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes : Les centrales à charbon Grosskraftwerk Mannheim, Mainova et RheinEnergie affirment toutes que le faible niveau d’eau aura peu d’impact sur leurs activités. Grosskraftwerk assure disposer de suffisamment de charbon pour continuer à faire fonctionner ses centrales, tandis que Mainova et RheinEnergie se font livrer par train et ne sont donc pas tributaires du Rhin.

EnBW affirme également disposer de suffisamment de charbon, mais prévient que la crise fait augmenter le coût du charbon, ce qui rendra également plus chère sa production d’électricité.

L’industrie est prête

Les entreprises non énergétiques pensent aussi que la sécheresse aura un impact sur leurs activités. BASF, la plus grande entreprise chimique du monde, ne peut garantir que sa production ne sera pas affectée. La société a déjà commencé à transporter davantage de marchandises par train, afin de se préparer à la baisse du niveau des eaux du Rhin.

Pourtant, l’impact a pu être ressenti : BASF transporte 4,5 millions de tonnes de marchandises par an via le Rhin. Elle dispose elle-même d’un bateau pouvant transporter 200 tonnes, même lorsque le niveau de l’eau est bas, et en a commandé deux autres. Thyssenkrupp, un groupe sidérurgique, a également annoncé utiliser des bateaux qui peuvent fonctionner lorsque le niveau des eaux est bas.

Evonik et Lanxess, deux autres entreprises chimiques, affirment que le faible niveau d’eau n’a pas eu d’impact majeur jusqu’à présent. Evonik aurait déjà affrété un certain nombre de navires et de camions pour se préparer, tandis que Lanxess est prêt à transporter par rail et par route.

(BL)

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