Principaux renseignements
- Une majorité d’Américains estime que le président Donald Trump a commis une erreur en intervenant en Iran.
- Contrairement aux guerres passées, l’intervention de Trump n’a pas bénéficié d’un soutien initial et fait l’objet de critiques persistantes en raison des victimes civiles et des conséquences économiques.
- Même au sein de son propre parti, le soutien à la guerre s’affaiblit, ce qui met en évidence un décalage croissant entre l’administration et l’opinion publique.
Un récent sondage mené par le Washington Post, ABC News et Ipsos a révélé qu’une large majorité d’Américains (61 pour cent) considère les actions du président Trump en Iran comme une erreur. Ce niveau de désapprobation dépasse l’opinion publique initiale à l’égard des guerres du Vietnam et d’Irak, qui ont mis des années à atteindre des niveaux d’impopularité similaires.
Critiques persistantes
Alors que les guerres précédentes bénéficiaient d’un soutien initial, l’intervention de Trump en Iran n’a pas fait l’objet d’un consensus dès le départ. Un sondage Reuters/Ipsos réalisé peu après le début de l’« opération Epic Fury » n’a révélé qu’un taux d’approbation de 27 pour cent pour les frappes qui ont fait de nombreuses victimes iraniennes, y compris des hauts responsables.
La guerre continue de faire l’objet de critiques en raison de divers facteurs, notamment une frappe aérienne à double impact sur une école qui a tué de nombreux civils, dont des enfants ; le blocus de représailles imposé par l’Iran sur les livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz, entraînant une flambée des prix de l’essence ; et la rhétorique de plus en plus erratique et agressive de Trump envers l’Iran.
Divisions croissantes au sein du Parti républicain
Le sondage indique que si 36 pour cent des Américains estiment toujours que la guerre était justifiée, ce soutien provient principalement des républicains. Une majorité dans toutes les catégories démographiques exprime des inquiétudes quant aux conséquences potentielles de la guerre, notamment l’augmentation des risques terroristes, la récession économique et les relations tendues avec les alliés.
De plus, même au sein du Parti républicain, les divisions s’accentuent. Alors que les « républicains MAGA » restent largement favorables à la guerre, les « républicains non-MAGA » sont de plus en plus indécis, près de la moitié d’entre eux la considérant désormais comme une erreur. Ce revirement d’opinion a été en partie déclenché par la rhétorique menaçante de Trump, qui a aliéné même une majorité de républicains.
Décalage entre l’administration et l’opinion publique
Le récent témoignage du secrétaire à la Défense Pete Hegseth devant le Congrès suggère un décalage entre l’administration et l’opinion publique. Il a affirmé que la guerre bénéficiait du soutien de la population malgré des preuves du contraire. Ses tentatives de minimiser l’impopularité du conflit et d’établir des comparaisons avec des guerres plus longues soulèvent des inquiétudes quant à la volonté de l’administration d’écouter l’opinion publique et de répondre à ses inquiétudes. (fc)
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