Une étude révèle que l’écart salarial entre les hommes et les femmes se creuse à nouveau en Belgique


Principaux renseignements

  • Les écarts salariaux entre les hommes et les femmes en Belgique se creusent.
  • Le manque de financement et les retards dans la législation européenne entravent l’égalité salariale au sein des entreprises.
  • Plus les employés gravissent les échelons de l’entreprise, plus les hommes bénéficient de primes et ont de chances d’être promus.

Des données récentes issues de l’enquête Hudson Reward Survey menée par Randstad révèlent une tendance inquiétante en Belgique. C’est ce que rapporte Nieuwsblad. Les écarts salariaux entre les hommes et les femmes occupant des postes identiques et du même âge sont à nouveau en hausse. Ce revirement inattendu fait suite à une période de baisse, ce qui suggère que la quête de l’égalité salariale a rencontré un obstacle.

Stabilité trompeuse de l’écart global

À grande échelle, l’écart salarial global entre les sexes semble stagner à environ 11 pour cent. En moyenne, les salariés masculins gagnent 4 887 euros par mois, tandis que leurs homologues féminines perçoivent 4 327 euros, soit une différence d’environ 560 euros.

Selon Wouter Beuckels, expert en rémunération chez Randstad, cette stabilité générale est trompeuse. Elle s’explique principalement par le fait que les femmes accèdent moins facilement à des postes à responsabilités, ce qui masque les inégalités au sein de certaines fonctions spécifiques.

Augmentation des disparités ajustées

Lorsqu’on analyse l’écart salarial « ajusté » – l’indicateur utilisé par les directives de transparence de l’UE -, les chiffres révèlent une réalité différente. Après être tombé à 1,79 pour cent l’année dernière, contre 2,41 pour cent en 2024, l’écart est remonté à 2,21 pour cent.

Cela indique que les primes et les augmentations salariales individuelles ont récemment favorisé davantage les hommes que les femmes, portant atteinte au principe « à travail égal, salaire égal ».

Obstacles 

Beuckels avance deux raisons principales à ce recul. Premièrement, le retard pris dans la transposition des directives européennes sur la transparence dans le droit national belge a réduit la pression immédiate exercée sur les entreprises pour qu’elles agissent.

Deuxièmement, environ 63 pour cent des organisations ne disposent pas des fonds supplémentaires nécessaires pour augmenter les salaires du personnel sous-rémunéré afin d’atteindre la parité, car réduire les salaires existants n’est pas une option.

Effet « échelle hiérarchique »

Les données montrent que la parité salariale est souvent atteinte, voire dépassée, par les femmes occupant des postes de soutien de niveau débutant ou intermédiaire. Cependant, à mesure que les employés gravissent les échelons de l’entreprise, l’écart se creuse en faveur des hommes. Cela s’explique en partie par le fait que les hommes bénéficient encore plus fréquemment de promotions et sont susceptibles de négocier leurs nouveaux salaires de manière plus offensive.

Seuil de 5 pour cent

Malgré ces défis, la Belgique affiche toujours des résultats relativement bons par rapport aux autres pays européens. Toutefois, le pourcentage d’entreprises respectant les directives de l’UE a reculé de 80 pour cent à 75 pour cent, revenant ainsi aux niveaux de 2024. Les grandes entreprises de plus de 500 salariés sont actuellement les plus éloignées de la conformité.

En vertu des réglementations européennes, il n’existe pas de pourcentage « acceptable » d’inégalité. L’objectif est la parité totale. Toutefois, un seuil de 5 pour cent est fixé : tout écart supérieur à ce seuil doit être justifié par l’employeur au moyen de critères objectifs et neutres du point de vue du genre. En l’absence d’une telle justification, l’entreprise est légalement tenue de corriger ce déséquilibre.

(at)

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