Une entreprise néerlandaise lance une batterie thermique : une percée pour le stockage de l’énergie ?

Les parcs éoliens ou les panneaux solaires ne peuvent pas fournir de l’énergie en continu. Dans un monde qui dépend de plus en plus des sources d’énergie verte, les techniques de stockage de l’énergie vont donc devenir extrêmement importantes. Cellcius, une start-up affiliée à l’université de technologie d’Eindhoven, y répond. La société a mis au point une batterie capable de stocker 70 kWh de chaleur. Cela devrait permettre de combler facilement une période de quelques jours sans énergie.

Pourquoi est-ce important ?

Dans le monde entier, la demande d'énergie solaire et éolienne ne cesse de croître. L'énergie verte présente de nombreux avantages : sa production à grande échelle, par exemple, peut couper notre dépendance énergétique vis-à-vis des combustibles fossiles des acteurs géopolitiques malveillants.

Les utopies n’existent pas. Une économie fondée sur l’énergie verte sera inévitablement confrontée à des problèmes. Et si le temps ne coopère pas et que vous ne pouvez pas produire assez d’énergie ? Pensez, par exemple, au manque d’énergie solaire les jours de bruine en automne, ou au manque de vent les jours d’été étouffants. Pour surmonter ce problème, pouvez-vous stocker un éventuel surplus d’énergie pendant les périodes productives ?

Il existe deux façons de le faire : convertir l’énergie en électricité ou la stocker sous forme de chaleur. Cellsius, avec sa batterie thermique, a opté pour la seconde solution. Comment cela fonctionne-t-il ?

Principe thermochimique

La batterie thermique utilise un principe thermochimique, suggère Evert Rietdijk, PDG de Cellsius. La batterie est basée sur l’eau et le carbonate de potassium, un sel hydraté qui peut se lier à l’eau. L’ajout de vapeur d’eau au carbonate de potassium déclenche une réaction chimique qui agrandit les cristaux et libère de la chaleur. « Le processus est totalement réversible », précise M. Rietdijk. « Dès que j’ajoute de la chaleur, l’eau s’évapore à nouveau. J’y stocke de l’énergie. Cela (…) peut être répété à l’infini, cela a été répété au moins 250 fois dans nos laboratoires. »

Boucle fermée

La batterie thermique est en fait une installation en circuit fermé comportant quatre éléments principaux, souligne le journaliste spécialisé dans l’énergie Thijs ten Brinck. Les composants sont les suivants (voir vidéo, ndlr) :

  • Un récipient rempli de grains de sel, dans ce cas du carbonate de potassium ;
  • Un ventilateur qui souffle de l’air à travers les grains de sel et sur l’échangeur de chaleur ;
  • Un condenseur/humidificateur qui extrait ou fournit de l’eau à l’air en circulation ;
  • un échangeur de chaleur qui absorbe la chaleur d’une source de chaleur extérieure (lors de la charge) ou la fournit à un logement (lors de la décharge).

Pilote

Le dispositif sera testé dans le cadre d’un projet pilote initial dans le courant de l’année dans quatre foyers – deux à Eindhoven, et deux en Pologne et en France. Selon M. Rietdijk, la batterie devrait permettre à une famille de survivre facilement « quelques jours » sans énergie durable. Grâce à ces expériences pilotes, les scientifiques veulent savoir ce qui est nécessaire pour mettre en œuvre la batterie à grande échelle.

Cellcius ne veut pas seulement chauffer des maisons individuelles avec sa batterie de chaleur. La société basée à Eindhoven envisage également la réutilisation de la chaleur résiduelle industrielle. Par exemple, la startup souhaite stocker dans la batterie la chaleur résiduelle du Chemelot Campus à Sittard-Geleen, une zone industrielle remplie d’usines chimiques. Ce dernier serait ensuite déplacé vers une « maison de transformation » dans une zone résidentielle de la même municipalité. Selon Tweakers, la maison fournira ensuite de la chaleur à une cinquantaine de foyers par le biais de tuyaux. Cette phase pilote devrait commencer « dans le courant de l’année prochaine ».

Critique

Toutefois, le projet n’est pas exempt de critiques. Le journaliste indépendant spécialisé dans l’énergie Thijs ten Brinck, par exemple, remet en question le terme « sans perte » avec lequel le service de communication de l’entreprise décrit la technologie dans la presse spécialisée. Selon ten Brinck, ce terme est quelque peu exagéré, notamment en raison de la perte d’énergie lors du refroidissement du sel.

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