Principaux renseignements
- Un sous-marin nucléaire français a réussi à lancer et à récupérer un drone sous-marin de fabrication américaine alors qu’il était en immersion.
- Cette opération a mis en évidence la flexibilité offerte par l’utilisation de Dry Deck Shelters pour le déploiement de drones, par rapport aux tubes lance-torpilles traditionnels.
- La France prévoit d’intégrer ces véhicules sous-marins autonomes dans ses missions opérationnelles.
Dans le cadre d’une démonstration significative de coopération militaire, les États-Unis et la France ont franchi une étape historique. Un sous-marin nucléaire français a réussi à lancer et à récupérer un drone sous-marin autonome tout en restant immergé.
Razorback
Cette opération complexe, menée au large de Toulon en mars, a impliqué un sous-marin de classe Suffren et un drone Razorback de fabrication américaine. Le Razorback, qui ressemble à un sous-marin miniature, est essentiellement une adaptation militaire d’un véhicule sous-marin civil. En raison de sa taille (environ 3,2 mètres de long et un poids de 240 kg), il nécessite une manipulation spécialisée pour son déploiement et sa récupération.
Le sous-marin français a utilisé un Dry Deck Shelter, un compartiment amovible généralement utilisé pour déployer des nageurs de combat et leur équipement. Cette approche offre une plus grande flexibilité par rapport au lancement de drones par les tubes lance-torpilles, comme l’ont démontré les tests précédents de la marine américaine avec ses sous-marins de classe Virginia. Cependant, la méthode du Dry Deck Shelter nécessite le recours à des plongeurs pour la récupération du drone.
Fonctionner de manière indépendante pendant plus de 70 heures
Le succès de cette opération a été rendu possible grâce au Cadre d’interopérabilité stratégique, une initiative collaborative lancée en décembre 2021 pour renforcer les capacités interarmées dans des scénarios militaires de haut niveau. Le drone Razorback a non seulement servi d’unité de reconnaissance, mais a également collecté des données océanographiques, soulignant ses applications potentielles dans les domaines tant militaire que scientifique.
Les capacités autonomes du drone lui permettent de fonctionner de manière indépendante pendant plus de 70 heures et d’atteindre des profondeurs allant jusqu’à 183 mètres. Bien que le contrôle à distance en temps réel sous l’eau soit impraticable en raison de la bande passante de communication limitée, la mission a été programmée à l’avance, permettant au drone de retourner au sous-marin pour être récupéré une fois la mission terminée.
La France prévoit des déploiements opérationnels
La France vise à faire passer ces déploiements de la phase d’essai à celle des missions opérationnelles. De plus, elle développe son propre drone de conception nationale, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du matériel américain à l’avenir. Cet effort collaboratif souligne la tendance croissante vers les véhicules sous-marins autonomes et met en évidence leur impact potentiel sur la guerre navale et la recherche océanographique.
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