Un Belge lance the Ministry of Privacy, une association militant pour la protection de la vie privée

Les nouvelles technologies ont de plus en plus souvent accès à notre vie privée. Une association belge, the Ministry of Privacy se lance aujourd’hui dans les actions militantes. Son but: empêcher les intrusions dans la vie privée des citoyens.

L’idée de the Ministry of Privacy a été lancée par Matthias Dobbelaere-Welvaert, expert en matière de vie privée. Cet homme, très connu en Flandre, est juriste de formation et s’est spécialisée dans le droit digital.

En quoi consiste the Ministry of Privacy?

L’association de Matthias Dobbelaere-Welvaert est déjà connue pour s’être fermement opposée aux empreintes digitales sur la carte d’identité. Elle a d’ailleurs été jusqu’à la Cour Constitutionnelle pour empêcher cette mesure. The Ministry of Privacy a été créé en 2018 en tant que fondation privée. Elle a ainsi pu lancer une action de crowdfounding, ‘Stop l’empreinte digitale‘. Plus de 25 000 euros ont été collectés grâce à cette action.

Matthias Dobbelaere-Welvaert, activiste pour la protection de la vie privée.

Mais aujourd’hui, la fondation devient une organisation militante pour protéger la vie privée des citoyens et pour défendre les membres en cas de plainte. Son fondateur n’a pas choisi la date du 28 janvier pour rien. Il s’agit de la journée européenne de la protection des données.

Quelles sont les initiatives prévues?

L’organisation prévoit des actions entre autre contre les caméras intelligentes, les compteurs connectés et les smart city. Dobbelaere-Welvaert s’explique: ‘Chaque semaine, nous sommes confrontés à des scandales sur la vie privée, toujours plus gros les uns que les autres. L’empreinte digitale parle à tout le monde, mais rien que la semaine dernière, il y a eu une polémique sur la façon dont les médecins accordent illégalement l’accès au dossier médical. Ou pensez simplement aux caméras ANPR (caméra avec reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation) qui sont placées n’importe où.’

Quelles sont les entreprises qui négligent la confidentialité?

Dobbelaere-Welvaert: ‘Nous pointons constamment du doigt les géants comme Facebook ou Google. Mais il y a aussi des entreprises belges qui ne font pas trop attention à votre vie privée. Proximus est un bon exemple de société locale qui aspire toutes vos données.’

Cette nouvelle initiative va-t-elle entrainer une avalanche de poursuites?

L’association va représenter ses membres lorsqu’il y aura une plainte concernant un souci de confidentialité et dirigée vers un gouvernement ou une entreprise. ‘Nous considérons le litige comme la toute dernière étape’ précise Redona Ukshinaj, administratrice de the Ministry of Privacy. ‘Avec les empreintes digitales, nous n’avions pas le choix. Le gouvernement a refusé d’écouter les experts dans le domaine. Nous préférons cependant le dialogue et le lobbying, et puis seulement le tribunal. Les procédures sont douloureusement lentes. Et aussi très chères, malheureusement.’

Matthias Dobbelaere-Welvaert est d’ailleurs juriste, mais pas avocat. The Ministry of Privacy n’est donc pas un cabinet d’avocat, mais plutôt un cabinet de conseils juridiques. En ce sens, cette initiative rappelle celle de Déminor, le défenseur des petits actionnaires.

Quelle différence avec la Data Protecton Autority (ancienne Privacy Commission)?

‘La DPA est une agence gouvernementale et ce n’est pas sa tâche de faire du militantisme pour la vie privée’ répond Dobbelaere-Welvaert. ‘Nous le voyons de cette façon: ce n’est pas parce que le SPF Economie existe que les organisations de défense des consommateurs telles que Test Achat ne peuvent pas exister. […] En outre, un bon nombre des thèmes que nous voulons aborder ne figurent pas sur la liste actuelle des priorités de la DPA.’

Qui paye la fondation?

Pour son financement, la fondation compte sur les dons, les cotisations des membres et même sur la vente de son propre ‘merchandising’. Il est donc vital pour l’association de s’adresser à un large public. Son fondateur espère la voir devenir aussi grande que son précédent projet, LesJuristes, un cabinet juridique spécialisé dans le droit des technologies de l’information et de la communication. Il espère ainsi grimper à un niveau européen.

Existe-t-il d’autres associations pour la protection de la vie privée?

En Belgique, c’est tout nouveau. Mais de telles initiatives existent depuis un certain temps à l’étranger. Aux Pays-Bas, vous avez ‘Bits of Freedom’ et ‘Privacy First’. Au Royaume-Uni, c’est ‘Big Brother Watch’. Et en Autriche, on retrouve ‘NOYB’ dirigé par le célèbre militant de la confidentialité, Max Scherms.

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