Un ancien ingénieur de Meta affirme que l’entreprise a ignoré les avertissements concernant la sécurité des enfants


Principaux renseignements

  • Arturo Bejar, ancien ingénieur chez Meta, a accusé l’entreprise d’avoir ignoré des avertissements critiques concernant la sécurité des enfants.
  • 29 États américains affirment que Meta a conçu des plateformes addictives dans le but d’exploiter les mineurs.
  • Meta nie ces accusations et met en avant ses outils de sécurité existants ainsi que sa politique en matière de restrictions d’âge.

Lors d’un important procès fédéral, Arturo Bejar, ancien ingénieur en sécurité chez Meta, a témoigné que l’entreprise avait ignoré des avertissements critiques concernant les dangers que ses plateformes représentent pour les mineurs.

Bejar a affirmé que Meta fermait délibérément les yeux sur les problèmes liés à la sécurité des enfants. Selon lui, l’entreprise savait que ses algorithmes pouvaient exposer les enfants à des scènes de violence explicite et d’abus sexuels.

Avertissements directs à la direction

L’ingénieur a déclaré que, dans le cadre de ses fonctions, il informait régulièrement le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, des problèmes liés aux services de l’entreprise et estimait avoir eu au moins une centaine d’entretiens avec lui. Bejar a évoqué un message datant de 2021 dans lequel il mettait en garde Zuckerberg contre la prolifération de contenus dangereux. Selon lui, cela allait à l’encontre des déclarations publiques du PDG selon lesquelles la sécurité des utilisateurs primait sur le profit financier.

Dans son témoignage, Bejar a affirmé que Zuckerberg avait délibérément donné une image trompeuse de l’engagement de l’entreprise en faveur de la protection des jeunes.

Action en justice dans plusieurs États

Cette action en justice a été engagée en 2023 par les procureurs généraux de 29 États américains, dont le New Jersey, le Kentucky, le Colorado et la Californie. Les plaignants soutiennent que Meta a délibérément conçu ses plateformes pour qu’elles créent une dépendance afin d’attirer les jeunes et a illégalement collecté des données auprès d’enfants de moins de 13 ans sans l’autorisation de leurs parents.

Bien qu’un jury donne son avis, c’est la juge fédérale de district Yvonne Gonzalez Rogers qui détient le pouvoir de décision final quant à la responsabilité de Meta et aux sanctions éventuelles.

Procès en Californie

Représentant les États, la procureure générale adjointe Megan O’Neill a fait valoir que, bien que la protection des enfants soit un devoir collectif, Meta a manqué à ses obligations. La procédure, qui se déroule à Oakland, en Californie, devrait durer au moins six semaines et comprendra les témoignages d’Adam Mosseri et de Mark Zuckerberg.

Défense de Meta

En réponse, Meta a rejeté ces allégations. Son représentant légal, Paul Schmidt, a déclaré que, bien que certains utilisateurs trouvent les réseaux sociaux difficiles à gérer, l’entreprise a développé divers outils pour atténuer ces problèmes.

Schmidt a également souligné que les comptes sont interdits aux utilisateurs de moins de 13 ans. Selon lui, l’entreprise a déjà supprimé plus d’un million de comptes de ce type. (lv)

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