Principaux renseignements
- Uber supprime 3 300 postes.
- Des investissements stratégiques de 10 milliards de dollars visent à assurer sa position dominante sur le marché des robotaxis.
- De nouvelles politiques opérationnelles limitent le télétravail à seulement 1 pour cent des effectifs.
Uber supprime environ 3 300 emplois, soit 10 pour cent de ses effectifs mondiaux. Il s’agit de la plus importante réduction d’effectifs au sein de l’entreprise depuis la pandémie de COVID-19.
Le PDG Dara Khosrowshahi a informé mercredi les employés que l’objectif principal était de simplifier la structure de l’entreprise. En supprimant divers niveaux hiérarchiques créés pendant une période d’expansion rapide, l’entreprise vise à accélérer la prise de décision et à réduire les frictions bureaucratiques.
Tendance générale dans le secteur technologique
Alors que de nombreuses autres entreprises technologiques ont attribué leurs récents licenciements massifs à l’essor de l’intelligence artificielle, Khosrowshahi n’a pas cité l’IA comme motif des suppressions d’emplois.
Cette décision s’inscrit néanmoins dans une tendance plus large du secteur, qui a vu plus de 123 000 salariés licenciés cette année dans près de 390 organisations. Le PDG a souligné qu’une structure d’entreprise plus rationalisée permettrait une meilleure responsabilisation et donnerait à l’entreprise les moyens de réorienter les fonds économisés vers l’innovation et l’expansion futures.
Concurrence
Cette restructuration intervient dans un contexte de concurrence accrue et d’évolution du marché. L’action Uber a connu des difficultés récemment, restant à la traîne par rapport à l’indice S&P 500 et à son concurrent Lyft.
De plus, des services tels qu’Instacart et DoorDash ont concurrencé Uber Eats, ce qui a conduit Uber à réaliser des acquisitions stratégiques, comme l’accord de 14,8 milliards de dollars (12,8 milliards d’euros) avec Delivery Hero, afin de conserver sa part de marché.
Véhicules autonomes
L’émergence des véhicules autonomes constitue une source majeure d’inquiétude. Bien qu’Uber soit actuellement partenaire de Waymo dans certaines villes, le leader des robotaxis se développe de manière indépendante.
De plus, l’accent mis par Tesla sur les flottes sans conducteur menace la position d’Uber en tant que principal intermédiaire entre les chauffeurs et les passagers. Pour contrer cela, Uber a l’intention d’investir plus de 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) dans le secteur de la conduite autonome afin de s’assurer de rester la place de marché dominante pour les services de robotaxis.
Changements opérationnels internes
Les changements opérationnels accompagnant les licenciements comprennent une réduction de 20 pour cent des postes situés à sept niveaux ou plus en dessous du PDG et une diminution significative des petites équipes ne comptant qu’un ou deux subordonnés.
L’entreprise regroupe également son personnel dans des pôles principaux et limite les postes entièrement à distance à seulement 1 pour cent des effectifs, tout en continuant d’exiger que les employés soient présents au bureau trois jours par semaine.
Pressions financières
Les réductions sont les plus importantes depuis mai 2020, lorsque la pandémie avait contraint Uber à supprimer près de 25 pour cent de ses effectifs.
Au-delà des problèmes d’effectifs, l’entreprise serait confrontée à des pressions financières liées aux dépenses en intelligence artificielle, ayant épuisé son budget technologique prévu pour 2026 en seulement quatre mois. À la fin de l’année dernière, l’effectif mondial total d’Uber s’élevait à environ 34 000 personnes.
(at)
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