Principaux renseignements
- Le président américain Donald Trump a suspendu d’importants droits de douane à l’encontre de la Russie afin de protéger les intérêts nationaux des États-Unis.
- Les coûts élevés de l’énergie et les prochaines élections de mi-mandat ont influencé la décision du président.
- Les détracteurs affirment que cette dérogation sape le soutien apporté à l’Ukraine et finance l’armée de Moscou.
Peu avant leur entrée en vigueur, le président américain Donald Trump a suspendu plusieurs droits de douane et sanctions importants à l’encontre de la Russie. Par un décret de la Maison Blanche publié vendredi, le président a choisi de contourner ces mesures. Il a invoqué à cet effet les intérêts nationaux supérieurs des États-Unis. Ces restrictions faisaient partie d’un ensemble de mesures législatives signé mi-septembre, le « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act » de 2026. Ce paquet visait à accroître la pression économique sur Moscou après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Implications économiques
Les réglementations suspendues auraient imposé des droits de douane pouvant atteindre 100 pour cent sur les produits importés des cinq principaux acheteurs d’énergie russe ou de tout pays aidant la Russie à contourner les sanctions existantes. Cette décision intervient à un moment délicat, alors que les républicains se battent pour conserver leur faible majorité au Congrès lors des prochaines élections de mi-mandat. Les experts du marché estiment que la mise en œuvre de ces sanctions aurait pu aggraver la hausse des coûts du carburant pour les citoyens américains, déjà mis à rude épreuve par les conflits impliquant Israël et l’Iran.
Changement de ton diplomatique
Bien que cette loi ait été destinée à sanctionner la Russie, Trump a récemment adopté un ton plus conciliant à l’égard du Kremlin. Par ailleurs, le président a également critiqué ouvertement le président ukrainien Volodymyr Zelensky, allant même jusqu’à laisser entendre que Kiev avait besoin d’une nouvelle direction. La dérogation actuelle restera en vigueur jusqu’à ce que le président ou son gouvernement décide que de nouvelles mesures sont nécessaires.
Réactions
Cette décision a suscité des réactions tant au niveau international qu’au niveau national. De grands importateurs russes d’énergie, dont l’Inde et la Chine, avaient déjà fait part de leurs inquiétudes. Pékin a ainsi critiqué la légitimité d’une telle « juridiction à longue portée », tandis que New Delhi a averti que les droits à l’importation pourraient nuire aux relations diplomatiques. À l’inverse, certains législateurs américains se sont indignés. Le député démocrate Don Beyer a accusé Trump de capituler devant Vladimir Poutine et d’abandonner l’Ukraine. Le démocrate a fait valoir que cette dérogation allait à l’encontre de l’objectif initial de la loi.
Des accords sur les carburants
Le président a déjà fait l’objet d’une surveillance étroite de la part des deux camps politiques concernant un accord distinct visant à lever les sanctions sur les exportations russes en échange de livraisons de diesel afin de faire baisser les prix mondiaux des carburants. Les détracteurs affirment que de tels accords fournissent à Moscou les fonds nécessaires pour poursuivre sa campagne militaire. De son côté, Kirill Dmitriev, un émissaire de Poutine, a salué cette dérogation comme un événement historique, soulignant que, sans elle, la législation aurait pu rompre complètement les liens économiques entre les deux superpuissances. (ev)
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