L’Europe et les Etats-Unis : La fin de l’ère du ‘business as usual’

Ce fut un moment fascinant: le président américain Donald Trump refusant de serrer la main de la chancelière allemande Angela Merkel devant les caméras. A son arrivée à la Maison Blanche, quelques heures plus tôt, Trump avait pourtant serré cette main, mais en dépit de l’insistance de la presse présente, et de la demande de Merkel elle-même, Trump est demeuré comme un enfant orphelin à la fin de la conférence de presse, regardant fixement devant lui, et évitant soigneusement le regard de la chancelière. Plus tard, son secrétaire de presse Sean Spicer expliquera qu’il n’avait pas entendu la demande des journalistes pour une poignée de main. La vraie raison est probablement qu’à la suite de son allocation jugée relativement consensuelle du State of The Union devant le Congrès des États-Unis, Trump souhaitait durcir sa position.

G20 et libre-échange

La première preuve que nous en avons eue date de la réunion de la semaine dernière qui rassemblait des ministres des Finances du G-20, le club des 20 pays les plus riches du monde. Aucune allusion à la défense du libre-échange n’a été faite dans la déclaration finale de la réunion pour la première fois en 10 ans, parce que l’émissaire américain Steven Mnuchin s’y est opposé. Un tournant important et inquiétant, pris juste après la visite de Merkel à Washington.

L’Europe

L’avis de Trump sur l’Europe semble clair: l’Europe, et en particulier l’Allemagne sont à l’ordre du jour et une confrontation semble inévitable. Il semble probable que les États-Unis cherchent à jouer un rôle dans le règlement du brexit en soutenant ouvertement la Grande-Bretagne avec des menaces à peine voilées à l’adresse de l’Union européenne. Sans doute une manière pour Trump de répondre à l’excédent commercial allemand et l’euro qu’il juge sous-évalué.

La Chine et les institutions internationales

Il n’y a pas que l’Europe, mais aussi la Chine et probablement plus tard les grandes organisations mondiales qui devront venir à la conclusion que l’ère du «business as usual» est révolue. Le budget pour 2018 de Trump consacre moins d’argent à l’ONU et au FMI, mais en outre, les Américains veulent davantage contrôler dans ces institutions. L’Amérique va donc bientôt être en mesure d’exiger que le FMI suspende toute aide financière à la Grèce, une exigence des Républicains au Congrès.Il faut maintenant attendre la visite du dirigeant chinois Xi Jinping début avril au club de golf de Mar-a-Lago à West Palm Beach (qui appartient à Trump)pour savoir si le changement de cap s’applique à tout le monde, ou simplement à l’Europe.