Les touristes russes renflouent la Tunisie

Désertée par les touristes européens à la suite des attentats terroristes qui se sont produits au cours de l’été dernier, la Tunisie compte désormais sur la Russie et l’Algérie pour soutenir son industrie touristique, rapporte le Financial Times. Une industrie touristique prospère est non seulement essentielle pour la croissance du pays et ses emplois, mais elle est aussi vitale pour les rentrées de devises. Au début de cette décennie, la Tunisie recevait 7 millions de touristes chaque année, qui généraient 3,5 milliards de dollars de recettes. Mais l’année dernière, on n’a plus recensé que 5,5 millions de visiteurs. Pire, ces touristes dépensent moins que leurs prédécesseurs ; alors qu’en 2014, les visiteurs dilapidaient 50 à 60 euros quotidiennement, ils ne déboursent plus que 30 euros par jour. En conséquence, les revenus du tourisme ont chuté à 1,5 milliard de dollars, et la croissance économique du pays s’est ralentie, pour tomber à moins de 1 %. Depuis les attentats, tous les hôtels ont été rouverts, et ils jouissent d’une protection renforcée. En revanche, les navires de croisière boudent encore les ports tunisiens. Cependant, le pays a pu bénéficier de la crise diplomatique entre la Russie et ses deux concurrentes touristiques que sont l’Egypte et la Turquie, toutes deux traditionnellement de grandes destinations pour les touristes russes. Mais la Russie a imposé des sanctions économiques à ces deux pays, leur interdisant de proposer des packages vacances aux citoyens russes. Du coup, ceux-ci leur substituent la Tunisie comme destination de vacances, et la cette dernière devrait accueillir cette année un total de 700.000 touristes russes.Mais cela ne suffira sans doute pas à compenser les pertes liées à la désaffection des voyageurs européens, d’autant que pour attirer les visiteurs, d’importantes baisses de tarifs ont été accordées. En 2014, 1,4 million de Français se sont rendus en Tunisie, mais cette année, ils ne sont que 213 000 à y être allés.