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L’Estonie rend les transports publics gratuits ; d’autres pays de l’UE y viennent aussi

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Économie

22/07/2019 | Dominique Dewitte | 4 min de lecture

Après que Talinn, la capitale estonienne, est devenue la première capitale au monde à mettre en place des transports publics gratuits pour tous les citoyens en 2013, 11 des 15 provinces estoniennes ont copié ce concept. Le pays a maintenant pour objectif de devenir le premier pays au monde où les transports en commun sont gratuits pour tous.

L’idée de rendre les tramways et les bus gratuits dans la capitale estonienne est née au lendemain de la crise financière, qui a durement frappé le pays. Même si la ville prenait déjà à sa charge 70 % des coûts de transport en commun, de nombreux citoyens ne pouvaient pas se permettre un billet. Les embouteillages étaient également devenus un problème. Depuis que l’Estonie a pris son indépendance de l’ex-Union soviétique en 1991, le nombre de possesseurs d’une voiture a doublé. Le réseau routier n’a pas suivi.

Les critiques étaient sceptiques et estimaient que l’idée de transports publics gratuits était populiste et, surtout… inabordable. Mais l’Estonie a réalisé de grosses économies à cette époque. Les fonctionnaires ont vu leur salaire réduit de 10 %. Les gens craignaient un système de transport sous-financé et surchargé. Un référendum a finalement été organisé pour clarifier la question.

10 ans plus tard, les transports en commun dans le pays ne se sont pas effondrés, mais ils se sont améliorés, malgré la perte de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. La population locale a augmenté, ce qui a généré plus de recettes fiscales. Les touristes et les non-résidents de Talinn doivent également continuer à payer leur billet. Les résultats sont remarquables : l’utilisation des tramways et des bus a augmenté de 10 %, tandis qu’il y a 10 % de voitures en moins dans la ville, ce qui a atténué les embouteillages. Dans les zones rurales, la gratuité des transports et de la mobilité ont également favorisé l’accès à l’emploi.

La France, la Suède, la Pologne, l’Italie et l’Allemagne se sont déjà rendues à Talinn

D’autres pays témoignent de leur intérêt : la France, la Suède, la Pologne, l’Italie et l’Allemagne sont venues à Talinn. Les transports publics au Luxembourg seront gratuits à partir de 2020La ville de Luxembourg connaît l’un des plus gros problèmes de circulation du monde. La ville compte environ 110 000 habitants, mais chaque jour, elle accueille également 400 000 navetteurs. Le Luxembourg a déjà pris un certain nombre de mesures ces dernières années pour promouvoir les transports urbains. Maintenant, il n’y aura plus de billet payant.

Dans d’autres pays, des initiatives gratuites existent à certains endroits et/ou à des moments précis. Mais d’autres renoncent : à Hasselt, les transports en commun ont été gratuits pendant 16 ans, puis redevenus payants en 2013 en raison de la hausse des coûts. Le transport public gratuit était l’une des réalisations remarquables de l’ancien maire Steve Stevaert. Il était convenu que Hasselt verserait un montant fixe annuel à la société de transports en commun flamande De Lijn. Mais ce montant n’était plus suffisant et De Lijn a presque doublé la facture. Fin de l’histoire.

Mais la gratuité des transports publics ne suffit pas toujours à faire sortir les gens de leur voiture. Talinn a augmenté le prix du stationnement à 6 euros de l’heure. Dans le même temps, le nombre de places de stationnement disponibles dans la ville a été réduit. Un certain nombre de parkings et de voies de circulation sont désormais exclusivement réservés aux transports en commun. Selon le conseil municipal, les transports en commun gratuits ont étouffé les critiques puisque la conduite en ville a été rendue plus coûteuse et moins facile.


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