Mercredi, les négociateurs cherchant à former le gouvernement Arizona se sont réunis pour discuter du budget. Le formateur Bart De Wever (N-VA) a présenté une nouvelle table budgétaire, selon De Tijd. Cela rend le week-end prochain crucial et place une fois de plus Arizona face à un moment « do or die ».
Principaux renseignements
- Pour la première fois depuis longtemps, Bart De Wever est concret sur les réformes socio-économiques.
- Maximum un tiers des nouvelles taxes devra provenir des grandes fortunes, mais beaucoup reste à discuter.
- La question est de savoir si le MR et Vooruit peuvent enfin se rejoindre. Sinon, Arizona pourrait échouer pour la troisième fois.
Dans l’actualité : La table budgétaire de De Wever laisse encore beaucoup de zones d’ombre.
- De Tijd rapporte que la nouvelle table budgétaire du formateur a été remise aux autres partis, à savoir le cd&v, Vooruit, le MR et Les Engagés, pour qu’ils l’examinent. Mercredi, les négociations ont pour la première fois depuis leur relance abordé la note socio-économique de De Wever. Cette dernière a été retravaillée pour que Vooruit accepte de revenir à la table. À cela s’ajoutent désormais des chiffres concrets.
- Selon De Tijd, deux points restent flous. D’une part, on ignore si De Wever vise toujours un effort de 16 milliards d’euros, étant donné que les banques suggèrent que la croissance économique pourrait être inférieure aux prévisions. D’autre part, la Commission européenne a jugé que les 6 milliards d’euros attendus des effets retour des réformes sont insuffisants.
- De Wever semble néanmoins déterminé à continuer à préciser le plan budgétaire belge, que la Commission européenne souhaite recevoir avant le 31 décembre. La Belgique est obligée de réduire son solde primaire structurel de 0,72 % du PIB entre 2025 et 2028.
Rien n’est certain
Les détails : La table budgétaire dévoile toutefois un peu plus les intentions de De Wever.
- Selon De Morgen, le montant total à trouver est désormais réparti en trois tiers. Un tiers devra provenir d’économies, un autre de réformes, et le dernier de nouvelles recettes, donc de taxes. Pour la première fois, un plafond est fixé pour les contributions des grandes fortunes : « au maximum » un tiers de ces taxes pourra être supporté par « les épaules les plus larges ».
- Concrètement, cela signifie que 2,5 milliards d’euros, sur un total de 22 milliards, pourraient provenir des grandes fortunes. Cependant, rien n’est certain : le MR s’oppose toujours à des hausses d’impôts pour les plus riches, tandis que Vooruit insiste pour les imposer davantage. Le MR refuse notamment une taxation des plus-values sur les actions et considère qu’alourdir la fiscalité des entreprises freinerait l’économie belge.
Les divergences peuvent-elles être surmontées ?
À suivre : Dimanche sera un nouveau moment « do or die ».
- Mercredi, les négociateurs ont eu l’occasion de faire des remarques préliminaires sur la table budgétaire. Dimanche, les cinq présidents de parti poursuivront les discussions. En cas de nouveaux blocages, les négociations pourraient s’interrompre dimanche soir. “Les prochaines semaines seront décisives pour que l’Arizona aboutisse ou meure définitivement,” confie un négociateur à De Tijd.
- L’espoir discret demeure de former un gouvernement d’ici Noël. La semaine dernière, les échos étaient positifs, notamment parce que De Wever a évité autant que possible les questions socio-économiques. Ce pragmatisme se reflète dans l’agenda des prochains jours : jeudi, les discussions porteront sur la politique étrangère et la défense, vendredi sur la santé, et samedi sur les réformes institutionnelles.
- Mais dimanche pourrait être fatal pour Arizona. Les cinq partis se sont déjà divisés à deux reprises sur les propositions de réformes socio-économiques. En août, le MR avait rejeté la super-note de De Wever, qu’il jugeait trop à gauche. Après ajustements, Vooruit a, en novembre, estimé que la note penchait trop à droite, faute de garanties sur une contribution accrue des grandes fortunes.
- Ces divergences subsistent entre le MR et Vooruit. La grande question est de savoir si un compromis est possible. Bouchez ne cache pas qu’il préfère une coalition avec Open Vld, excluant Vooruit. Cela aboutirait toutefois à une majorité fragile, ce que le cd&v, Les Engagés et même la N-VA ne souhaitent pas.
- Pendant ce temps, la N-VA continue à faire des propositions. Le parti souhaite taxer davantage l’épargne. Actuellement, les intérêts sur l’épargne sont imposés au-delà de 1.020 euros à un taux préférentiel de 15 %. La N-VA propose d’augmenter ce taux à 30 %.