Le Spyphone permet de suivre en secret tous les mouvements des employés

Les employeurs britanniques peuvent dorénavant se procurer des téléphones intelligents équipés de logiciels de traçage avancés pour espionner leur personnel, rapporte The Times. Ces dispositifs peuvent être fournis à des utilisateurs qui n’auront aucune indication quant au fait que leurs messages, leurs emplacements, leur utilisation, leur historique d’appels, leurs photos ainsi que leurs courriers électroniques sont en fait constamment surveillés.Ces smartphones ont été lancés sur le marché par l’entreprise californienne Spyphone qui, selon ses dires, souhaite protéger les entreprises d’un usage inapproprié de l’appareil et offrir aux couples une certaine tranquillité d’esprit au sujet des activités du conjoint.Selon Spyphone, il s’agit du logiciel de suivi le plus développé au monde. Un représentant des ventes de l’entreprise a expliqué au journal que l’utilisateur n’avait accès à aucune indication dans les paramètres que le dispositif est tracé. « Tout sera caché sans la moindre trace. »« Ces appareils sont quasi identiques aux smartphones Samsung ou Apple », explique The Times.Le journal fait remarquer que l’utilisation de ce logiciel nommé « Stalkerware » est souvent encouragée pour des motifs légitimes comme la surveillance parentale. Cependant, sur le lieu de travail, des conditions très spécifiques doivent être respectées pour que cela soit légal.

Inquiétant

Frederike Kaltheuner, responsable en chef chez Privacy International, estime que ces téléphones sont terrifiants et profondément troublants. « Le fait que le téléphone soit fourni avec des logiciels espions préinstallés indique qu’il s’agit d’un objet particulièrement vicieux conçu pour tromper et trahir ceux qui l’utilisent. »Selon Sean Richards, directeur de Spyfones, des contrôles sont réalisés en ce qui concerne les acheteurs. Toutefois, Richards admet que la société ne sait pas toujours ce que la personne fait avec le téléphone.« Des questions ont été posées et des sondages réalisés, mais tout comme lors de la vente d’armes à feu, on ne peut jamais être sûr qu’un usage criminel n’en sera pas fait », témoigne-t-il.« Espionner quelqu’un sans qu’il le sache ou sans son consentement est contraire à l’éthique », précise Paw Cowburn, directeur auprès de Open Rights Group,Cowburn fait référence à une décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui stipule que les entreprises n’ont pas le droit de lire les e-mails de leurs collaborateurs. « La disponibilité de Spyfones sur le marché montre clairement pourquoi la décision de la Cour européenne est cruciale », ajoute Cowburn.