Sortie du nucléaire: les voitures électriques pourraient éviter les pénuries d’électricité

Grâce à la technologie de recharge intelligente et à leurs batteries, les voitures électriques peuvent aider à prévenir les éventuelles pénuries d’électricité après la fermeture des centrales nucléaires. C’est la conclusion d’une étude menée par Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension.

Pourquoi est-ce important ?

Les dernières centrales nucléaires de Belgique fermeront en 2025. Les centrales belges assurent actuellement 40 à 50% de la production d’électricité dans notre pays. Après leur fermeture, d'autres centrales à gaz, les énergies renouvelables et les importations de l'étranger devront assurer la sécurité de l'approvisionnement. Et les voitures électriques pourraient également être utiles, affirme Elia.

Selon cette étude évaluant le besoin de nouvelles capacités de production, il existe un « besoin urgent de nouvelles capacités nationales pour anticiper les besoins découlant de la sortie prévue du secteur nucléaire ».

Stations de recharge intelligentes

La Belgique aurait besoin de 3,6 gigawatts de nouvelles capacités d’ici 2025, selon Elia. C’est moins qu’il y a deux ans. À l’époque, Elia estimait qu’il fallait 3,9 gigawatts, soit l’équivalent de quatre grandes centrales nucléaires.

Cela peut sembler paradoxal, mais la percée des voitures électriques y serait pour quelque chose. Ces véhicules pourraient en effet permettre d’éviter les problèmes d’approvisionnement, conclut Elia dans son étude.

Comment est-ce possible? Les « stations de recharge intelligente » ne rechargent une voiture que lorsque le moment est optimal pour le réseau électrique. « Les véhicules électriques pourraient être associés à une technologie de recharge intelligente, qui permet de les recharger pendant les heures creuses. La capacité inutilisée des batteries servirait à stocker l’énergie et la réinjecter dans le réseau », peut-on lire dans l’étude.

1,4 million de voitures électriques

« Si des millions de voitures sont branchées sur une prise murale le soir et qu’elles commencent à se recharger en même temps, cela fera peser une énorme charge supplémentaire sur le système », a déclaré Chris Peeters, CEO d’Elia, à De Tijd. « Mais si toutes ces voitures sont contrôlées de manière intelligente, le besoin de nouvelles capacités dans le système peut être réduit. De cette façon, nous pouvons éviter beaucoup d’investissements futurs. »

Ainsi, grâce aux voitures électriques, le besoin pour de nouvelles capacités diminuerait de 300 mégawatts d’ici 2025.

Les pompes à chaleur pourraient par ailleurs fournir 200 mégawatts supplémentaires.

D’ici 2030, le gouvernement table sur 1,4 million de voitures électriques en circulation et 200.000 pompes à chaleur. La technologie intelligente pourrait alors réduire les besoins en capacité de production de 1,2 gigawatt, soit plus qu’une grande centrale nucléaire, selon De Tijd.

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