La nouvelle lubie des milliardaires de la Silicon Valley : le jeûne

Jack Dorsey, le fondateur et PDG de Twitter, détaillait récemment son mode de vie pour le podcast Ben Greenfield Fitness. Il ne prend qu’un repas par jour du lundi au vendredi, ne mange rien le weekend, et il commence chaque journée par un bain d’eau glacée. Il explique que « rien ne me procure une meilleure confiance mentale que de pouvoir passer de la température ambiante au froid directement ».

Et quel que soit le temps, le milliardaire fait à pied les 8 kilomètres qui le séparent de son bureau. Dorsey s’efforce par ses habitudes d’être proche du stoïcisme, une philosophie des anciens revenue à la mode parmi l’élite de la Silicon Valley.

Une cohorte d’adeptes du stoïcisme à la Silicon Valley

En effet, c’est avec lui toute une nouvelle génération d’entrepreneurs du digital qui pratique différentes formes de privation et se dit adepte du stoïcisme. En résumé, il s’agit d’accepter ce qui ne dépend pas de nous, de demeurer serein face aux événements extérieurs, de dépasser la souffrance et de garder le contrôle de soi. Et, apparemment, de se refuser certains plaisirs comme les bains chauds.

Un autre adepte est Kevin Rose, cofondateur de la plateforme Digg et investisseur. Il s’expose régulièrement au froid et à l’inconfort et considère que les technologies nous ont rendu mous. Pour compenser, il prend régulièrement des douches froides, se promène sous la pluie sans imperméable et sort en sandales dans la neige. Il a également créé une appli qui permet aux utilisateurs de synchroniser leur jeûne avec leur horloge biologique.

L’ancien patron d’Evernote et actuel PDG de la startup studio All Turtles, Phil Libin, fait régulièrement des jeûnes de deux à huit jours, ne buvant que de l’eau, du café et du thé. Il décrit ainsi ces périodes dans cet article de The Guardian : « Cela provoque une légère euphorie. Je suis de bien meilleure humeur, ma concentration s’améliore, et j’ai un flux d’énergie constant. Je me sens en bien meilleure santé. Cela m’aide à être un meilleur chef d’entreprise ».

Une manière de faire pénitence ?

Celui qui a relancé la pratique stoïcienne à la sauce californienne, c’est l’auteur, podcasteur, gourou de la Silicon Valley et investisseur à succès Tim Ferriss. Il appelle cette philosophie un « système de fonctionnement idéal pour s’épanouir dans des environnements extrêmement stressants ».

Selon la journaliste de The Week qui détaille dans cet article ces nouvelles pratiques, il est curieux et un peu effrayant de constater que ce nouveau mode de vie se répand parmi l’élite de la tech à un moment où ces influenceurs et innovateurs voient leurs inventions devenir des outils pour des utilisations controversées.

Voient-ils dans l’ascèse une manière de se déresponsabiliser et de faire pénitence pour les méfaits liés à leurs créations ? Se passer du superflu, de l’agréable, s’imposer des privations physiques, pratiquer un certain détachement face aux événements extérieurs… Le néo-stoïcisme des milliardaires de la tech pourrait bien être une manière de se protéger de la critique.