Le nouveau casse-tête britannique du brexit : Régulariser 3 millions de résidents citoyens de l’UE sans-papiers du jour au lendemain

L’un des objectifs du brexit était de mettre fin à la bureaucratie et à la paperasserie inhérentes à l’adhésion à l’UE, mais en pratique, l’une de ses conséquences sera de l’aggraver, note malicieusement Politico. Près de 3 millions de citoyens de pays membres de l’UE qui vivent au Royaume-Uni passeront en effet au statut de sans-papiers du jour au lendemain. Or, les autorités britanniques ne sont pas du tout préparées pour régler le casse-tête administratif que leur régularisation ne manquera pas de générer… En effet, 18 064 permis de résidence permanente ont été délivrés en 2015, et les projections montrent que si l’on maintient cette cadence, il faudra… 150 ans pour traiter les 2,8 millions de demandes de permis de séjour qui pourraient être adressées par ces citoyens.En outre, des observateurs critiquent le manque d’effectif des services en charge de ces délivrances. Il n’est pas non plus évident que ces derniers disposent de la capacité de stockage idoine pour conserver toute la documentation réclamée à titre de justificatifs de la demande, qui est déjà très volumineuse sur le plan individuel…Un vrai cauchemar pour les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur britannique à qui l’on a conseillé d’aller voir comment les autorités américaines avaient géré les procédures d’enregistrement des 3 millions d’étrangers que les Etats-Unis ont accueillis à la suite du Immigration Reform and Control Act, une loi de 1986 pour promouvoir l’immigration.

Pas de listes nominatives

Les autorités britanniques se sont déjà attelées à ce problème, mais constatent qu’elles ne disposent que d’estimations concernant la population concernée mais pas de liste de noms. Dans ces conditions, il sera difficile d’inviter les personnes éligibles à se faire enregistrer, alors qu’idéalement, il faudrait qu’elles puissent être reçues en personne afin d’éviter les risques de fraude ou d’erreur.Le Premier ministre britannique Theresa May tente de trouver une solution à ce pensum administratif,  mais l’UE a décliné sa proposition de mettre en place une garantie jointe de « droits réciproques » pour les citoyens britanniques établis dans les Etats membres, comme les citoyens de ces derniers vivant au Royaume-Uni.