Principaux renseignements
- Le niveau de risque maritime pour le golfe Persique a été relevé au niveau « Severe » le 5 mars 2026, ce qui peut entraîner la suppression automatique de la couverture guerre pour les cargaisons maritimes.
- En raison du rôle stratégique du détroit d’Ormuz pour le commerce mondial, les assureurs et les compagnies maritimes suivent de près les tensions géopolitiques croissantes dans la région.
- Les navires porte-conteneurs toujours plus grands et les structures d’assurance complexes augmentent l’impact financier des incidents en mer, avec des conséquences possibles sur les flux commerciaux internationaux et européens.
Les tensions dans le golfe Persique ont des conséquences directes sur le transport maritime. Le niveau de risque maritime pour la région, y compris le détroit d’Ormuz, a été relevé le 5 mars 2026 de « très élevé » à « grave » sur Global Cargo Watchlist. Outre le détroit, cela concerne également le Qatar, l’Arabie saoudite, Israël, le Koweït et les Émirats arabes unis. La couverture guerre pour les cargaisons à bord des navires risque ainsi de disparaître automatiquement. Selon un communiqué de presse de Jean Verheyen, partenaire de courtiers d’assurance pour le secteur du transport et de la logistique, cela pourrait avoir de graves conséquences pour divers flux commerciaux internationaux.
Le détroit entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz, est l’un des principaux passages commerciaux maritimes au monde. Une part importante du trafic mondial de marchandises et de pétrole transite quotidiennement par ce détroit. En raison des conflits géopolitiques actuels et des risques sécuritaires qui y sont liés, les navires font l’objet d’une surveillance plus étroite et les assureurs sont de plus en plus inquiets.
Quand la guerre n’est plus un risque assurable
Normalement, les assurances cargo couvrent les marchandises en transit contre divers risques pendant un voyage ou une année. Il peut s’agir notamment de vol, d’accident, de contamination, d’incendie ou de dommages. Les risques de guerre et de terrorisme sont également couverts, mais uniquement dans des conditions spécifiques. Selon le PDG de Jean Verheyen, Laurent Verheyen, cette couverture fonctionne différemment lorsqu’un conflit s’intensifie.
« Si un pays ou une région obtient la note « Très élevé », le courtier d’assurance est tenu de déclarer les envois de son client qui transiteront par la zone à risque. Ceux-ci restent couverts moyennant le paiement d’une prime supplémentaire. Toutefois, dès qu’un pays est classé dans les deux catégories les plus risquées, la couverture pour les grèves, les émeutes et la guerre est automatiquement résiliée dans les 7 jours », explique Laurent Verheyen.
La couverture guerre ne s’applique qu’en cas de déclenchement inattendu d’un conflit. Pendant cette période de sept jours, les courtiers ont le temps de souscrire une nouvelle couverture. Celle-ci est souvent proposée à des primes plus élevées ou par des assureurs spécialisés.
Navires plus grands, des risques financiers plus importants
Ces dernières années, l’impact potentiel sur la mer s’est considérablement accru. Les porte-conteneurs modernes transportent actuellement entre 10 000 et 24 000 conteneurs par voyage. Un seul incident peut perturber la chaîne d’approvisionnement de milliers d’entreprises.
Les risques financiers étant si importants, les assureurs se les répartissent entre eux. Certains assurent le navire lui-même, d’autres la cargaison à bord.
Les assureurs ne savent pas toujours exactement où se trouvent les marchandises qu’ils assurent, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire. C’est pourquoi de nombreuses entreprises travaillent avec des contrats à couverture ouverte. Il s’agit de contrats-cadres annuels qui couvrent automatiquement tous les transports répondant à certains critères. Bien que ce système soit efficace, il est difficile de savoir si les marchandises assurées se trouvent dans une zone à risque.
Commerce belge
Les conséquences de l’incertitude ne se limitent pas à la région elle-même, mais peuvent également affecter les flux commerciaux européens. En 2024, la Belgique occupait la treizième place pour les exportations et la quinzième place pour les importations, selon l’Agence pour le commerce extérieur. La Belgique fait donc partie des principaux pays commerçants au monde.
Une grande partie de ces flux de marchandises s’effectue par voie maritime. Selon Statbel, plus de 270 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année par les ports belges. Si la navigation dans les zones à risque devient plus difficile ou si les coûts d’assurance augmentent, cela pourrait, à terme, avoir des répercussions sur les entreprises et les chaînes d’approvisionnement en Europe.
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