Principaux renseignements
- « Restore Britain » entend défier « Reform UK » en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions de 2029.
- La division des voix de la droite pourrait coûter jusqu’à 70 sièges parlementaires à Nigel Farage.
- Rupert Lowe se sert d’une vendetta personnelle pour mener son mouvement anti-immigration.
Restore Britain est une organisation politique intransigeante axée sur les politiques anti-immigration. Elle lance une initiative stratégique pour défier le parti Reform de Nigel Farage à l’échelle nationale. L’élection partielle à venir à Makerfield, le 18 juin, sert de champ de bataille immédiat. Cependant, le fondateur Rupert Lowe a l’intention d’étendre son influence bien au-delà d’un simple scrutin. Lowe, un riche entrepreneur, rejette les allégations selon lesquelles ses ambitions seraient motivées par une vendetta personnelle.
Cependant, sa rhétorique suggère le contraire. Il a explicitement rejeté toute alliance potentielle avec Farage. Il cite les tentatives de ses anciens associés de le faire emprisonner comme raison principale de leur rupture. POLITICO rapporte ça.
La bataille de Makerfield
Les enjeux politiques à Makerfield sont de taille. Reform espère empêcher Andy Burnham de revenir au Parlement et de défier le Premier ministre Keir Starmer. Cependant, Restore Britain a introduit un élément perturbateur dans la course. Le parti s’attire le soutien de personnalités telles que Tommy Robinson et Elon Musk.
Après avoir été évincé de Reform et avoir fait l’objet d’accusations criminelles non fondées de la part d’anciens collègues, Lowe a créé un parti doté d’une présence numérique importante. Son objectif est de présenter des candidats dans chaque circonscription pour les élections générales de 2029.
Menace stratégique pour Reform
Cette stratégie représente une menace importante pour Farage en raison du système électoral britannique à scrutin majoritaire uninominal à un tour. La dispersion des voix entre des partis de droite similaires profite souvent à la gauche. Restore a déjà établi des sections dans environ 550 circonscriptions pour faciliter cette expansion.
Le sondeur Luke Tryl suggère que même si Restore ne recueille qu’un soutien à un chiffre au niveau national, le parti pourrait siphonner suffisamment de voix pour coûter jusqu’à 70 sièges à Reform. Ça bloquerait potentiellement la voie de Farage vers le pouvoir.
Gagner du terrain auprès des électeurs désabusés
À Makerfield, Restore fait déjà des percées, certains responsables travaillistes estimant son soutien à 7 pour cent. Cette progression s’explique en partie par le fait que le parti attire des électeurs désabusés qui s’abstiennent depuis le référendum sur le Brexit de 2016.
De plus, les stratèges travaillistes estiment que l’attrait de Farage auprès des anciens conservateurs pourrait en réalité aliéner les électeurs de longue date du Parti travailliste. Ça donnerait à Restore un avantage unique. Publiquement, Reform a tenté d’ignorer Restore ou d’avertir que voter pour Lowe revient essentiellement à voter pour le Parti travailliste.
La manœuvre en tenaille
Le potentiel du mouvement de Lowe s’est manifesté lors des récentes élections locales, où les candidats soutenus par Restore ont remporté les neuf sièges pour lesquels ils se présentaient au Conseil du comté de Norfolk.
Il semble également que Restore pousse Reform vers des positions plus extrêmes ; Farage n’a commencé à réclamer des expulsions massives qu’après que Lowe eut défendu cette idée. Tryl met en garde contre le fait que ce « mouvement en tenaille » pourrait laisser Reform pris au piège entre un challenger d’extrême droite et des électeurs modérés rebutés par la rhétorique extrême.
Controverses
Malgré sa croissance, Restore fait l’objet de critiques concernant sa direction et ses affiliations. Ben Habib, un ancien allié de Farage, a soutenu Restore mais a exprimé son inquiétude face au contrôle absolu de Lowe sur le parti et à l’influence des groupes ethno-nationalistes. Lowe nie tout chevauchement idéologique avec ces extrémistes mais maintient qu’il ne vérifiera pas rigoureusement le passé des candidats, promettant de les défendre contre des médias « malveillants ».
Lowe conclut que son départ de Reform n’était pas de son propre fait, mais plutôt le résultat d’un effort coordonné de Farage pour « assassiner » sa carrière politique par de fausses allégations de démence et d’intimidation. Il affirme que si Farage a peut-être réussi à faire taire d’autres personnes, il ne sera pas vaincu.
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