Quand Paul Krugman se voit donner une petite leçon d’économie…

La crise de l’euro divise les dirigeants politiques… mais aussi les économistes. Paul Krugman, le célèbre économiste néo-keynésien lauréat du Prix Nobel d’économie 2008, était l’un des invités d’une conférence donnée à l’auditorium Rafael Del Pino, au cours de laquelle il a présenté son nouveau livre, « End This Recession Now ! (« mettez fin à cette récession maintenant !).  Il y a rencontré Pedro Schwartz, un économiste espagnol qui se revendique du courant de pensée de l’école d’économie autrichienne, d’obédience libérale. Les deux hommes ont une vision opposée de l’origine des difficultés actuelles : pour Krugman, c’est l’insuffisance de la demande qu’il faut compenser par des stimuli de l’Etat, alors que pour Schwartz, c’est l’offre qu’il faut libérer pour sortir de la crise, en évitant le recours des instances publiques.

Schwartz est intervenu à la suite de l’allocation de Paul Krugman (aux alentours de 35 :00), et il a d’abord manifesté un grand respect pour son collègue néo-keynésien, avec une réserve, cependant : «Malheureusement, souvent, les lauréats du prix Nobel sont tentés de pontifier dans des domaines hors de la spécialité dans laquelle ils excellent », et « ils ont cette aura d’autorité, qui fait que quoi qu’ils disent, que ce soit censé, ou peut-être, un peu exagéré, est accepté avec résignation par certains, et enthousiasme par d’autres ». 

S’ensuit un rappel des mécanismes économiques (environ 39 :00) et de l’échec des politiques keynésiennes qui ont été menées au Japon, aux Etats Unis et en Espagne. Ce que le professeur Krugman a dit à propos de la crise de l’euro et de ses solutions était « intelligent, pratique, mais cela correspond exactement ce que disent habituellement les économistes de cette école : ils nous ont mis dans ces difficultés et maintenant, nous devons sacrifier nos principes pour leur permettre de sortir de ces difficultés ».

Contenant visiblement sa colère, Krugman a jugé «excessivement décevant » de constater que des gens insinuaient que les personnes de son école n’avaient pas une assez bonne stature intellectuelle pour d’autres. Les deux hommes ont eu une authentique altercation (48:20), et à l’issue de cette conférence, Krugman aurait même refusé de serrer la main de son collègue.