Le Royaume-Uni offrira bien un rôle limité à Huawei dans la 5G, au grand dam des USA

Le Royaume-Uni offrira bien un rôle limité à Huawei dans la construction des réseaux de téléphonie mobile de nouvelle génération du pays. Il balaie ainsi des semaines de lobbying américain pour faire interdire le géant technologique chinois sur le territoire britannique.

Énième rebondissement dans l’affaire Huawei, cette fois-ci chez nos voisins britanniques. Dans une déclaration publiée ce midi à Londres, le Royaume-Uni a déclaré qu’il permettra bien à Huawei de fournir d’autres équipements essentiels au déploiement de la 5G, tels que des antennes et des stations de base, tout en maintenant la société ‘à haut risque’ hors des parties les plus sensibles des réseaux.

De quoi apaiser Donald Trump? Rien n’est moins sûr. Les États-Unis exigeaient une interdiction totale de Huawei, comme c’est le cas en Australie. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait d’ailleurs lancé un ultime avertissement via son compte Twitter.

Cette décision pourra en effet créer de vives tensions entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, divisés sur la question Huawei. Du côté américain, on accuse l’entreprise chinoise d’espionnage pour fournir à Pékin une ‘porte dérobée’ sur les informations sensibles d’autres pays – ce que Huawei a toujours démenti. Les responsables américains craignent ainsi que l’utilisation de la 5G ne mette en péril le partage de renseignements avec le Royaume-Uni, alors que la collaboration en matière de renseignement a été un élément clé de la ‘relation spéciale’ de longue date entre les deux pays.

Lire aussi: Les États-Unis et le Royaume-Uni en désaccord sur la 5G de Huawei

Des risques gérables

Lorsque le Royaume-Uni mentionne les parties sensibles du réseau interdites aux fournisseurs à haut risque, il fait référence par exemple aux sites nucléaires et bases militaires. En imposant un plafond allant jusqu’à 35 % sur les composants d’accès radio de Huawei, le Royaume-Uni renforce également la dépendance d’opérateurs téléphoniques comme EE de BT Group Plc et Vodafone Group Plc vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Mais ce plafond sera maintenu à l’étude et pourrait être réduit au fil du temps, selon la déclaration relayée par Bloomberg.

L’annonce (attendue) du gouvernement britannique est un compromis entre l’interdiction totale de Huawei exigée par les États-Unis et l’accès souhaité par les entreprises de télécommunications. Elle met un terme à des mois de conflit politique mais reste un danger pour le Premier ministre Boris Johnson, à quelques jours à peine du Brexit.

Il a cependant déclaré que le Royaume-Uni pouvait en tirer le meilleur parti, en gardant accès à la meilleure technologie tout en protégeant les données des consommateurs. Selon les services de sécurité britanniques, les risques que présente Huawei sont gérables. On attendra avec impatience l’avis du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui doit se rendre sur place mercredi.

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