ProMED, le site qui avait lancé l’alerte ‘coronavirus’ dès le 30 décembre

ProMED est un site de veille épidémiologique dont les quelque 80.000 membres scrutent les médias en quête des premiers signes de l’émergence et de la propagation de maladies. Il avait déjà prouvé son efficacité notamment en 2003 lors de l’épidémie de SRAS.

ProMED se définit comme le plus grand système public de notification des épidémies de maladies infectieuses au niveau mondial. Fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et en accès libre, l’organisation compte plus de 80.000 membres, issus de pratiquement tous les pays. Ceux-ci parcourent les réseaux sociaux, les journaux, les annonces des services de santé, etc. à la recherche d’informations concernant l’émergence d’éventuelles épidémies. Quand ils en trouvent une pertinente, ils le font savoir à l’équipe centrale qui pilote ProMED.

Créé en 1994 par trois scientifiques, le Program for Monitoring Emerging Diseases a été l’un des premiers projets à promouvoir le recours à la veille internet citoyenne dans le pistage des épidémies, un domaine que l’OMS qualifie aujourd’hui ‘d’informations épidémiologiques issues de l’externalisation ouverte’, comme l’explique Korii sur son site.

Vérification et diffusion

C’est ainsi que le 30 décembre dernier, la rédactrice en cheffe adjointe de ProMED, l’épidémiologiste américaine Marjorie Pollack, a reçu un e-mail d’un des nombreux contributeurs du site et qui mentionnait un ‘avis urgent concernant le traitement d’une pneumonie de cause inconnue’, comme le relate le magazine Wired. Ce message faisait référence à l’avis alors tout fraîchement émis par le Comité de la santé municipale de Wuhan et relayé sur le réseau social chinois Weibo.

Des messages de ce type, ProMED en reçoit très régulièrement. À charge de son équipe, composée d’une cinquante de personnes issues en majorité du monde médical et travaillant à temps partiel pour le site, de vérifier les informations reçues.

Vers minuit, ProMED relayait l’information. Il s’agit là très probablement de la première mention dans le monde occidental de ce qui deviendra la pandémie de covid-19.

En 2003, l’organisation avait déjà été la première à évoquer en Occident l’épidémie émergente de SRAS. Idem en 2012 pour le MERS-CoV. Mais malgré une efficacité reconnue dans son rôle de lanceur d’alerte, ProMED reste encore peu financé. Une situation qui sera peut-être amenée à changer dans le sillage du coronavirus et de son ampleur que personne, ou presque, n’avait vu venir.

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