Prix bas, climat, USA… Le feu couve au sein de l’OPEP

Un pompier irakien tente d’éteindre un incendie provoqué par une attaque sur un pipeline de pétrole, en 2004.

Les pays membres de l’OPEP sont à nouveau contraints de prendre des mesures drastiques pour enrayer la chute des prix du pétrole. Mais cette fois, ils ne contrôlent pas toute une série de facteurs.

La réunion des pays membres de l’OPEP à Vienne prend des airs de réunion de crise. Le cartel pétrolier, dirigé par l’Arabie saoudite et la Russie, se réunit en effet ces jeudi et vendredi afin de définir sa politique pour 2020. Une tâche qui s’annonce complexe.

L’Organisation, qui regroupe 24 pays exportateurs de pétrole, lutte depuis des années contre la faiblesse des prix de l’or noir. Cela fait deux ans qu’ils modèrent leur production afin de maintenir la stabilité des tarifs. Il ne faut pas chercher bien loin la cause de ces perturbations: l’augmentation de la production de pétrole aux États-Unis, qui est soudainement devenu le plus grand producteur du monde.

Demande en baisse

Les prix du pétrole ont encore un peu plus faibli ces derniers mois, à cause du ralentissement de l’économie mondiale et sous la pression des organisations en faveur du climat. Le mois dernier, l’OPEP a reconnu que la demande en pétrole brut allait vraisemblablement fortement chuter dans les années à venir.

Lors de la réunion de Vienne, l’Arabie saoudite espère convaincre les autres pays membres de limiter la production de pétrole. Le point principal à l’ordre du jour sera la réduction de la production mondiale de 400.000 barils par jour afin de tirer les prix vers le haut.

Si rien n’est fait, les analystes prévoient une offre excédentaire sur le marché du pétrole brut dès le premier semestre de l’année prochaine.

Une économie vulnérable

L’Arabie saoudite, en particulier, redoute un effondrement des prix du pétrole. Toute son économie est basée sur la manne pétrolière. Riyad a donc tout intérêt à maintenir les prix. D’autant plus que le pays envisage de procéder à l’introduction en bourse partielle de sa compagnie pétrolière publique Aramco. Sans oublier que l’Arabie saoudite a un constant besoin d’argent frais pour financer ses projets pharaonique.

L’influence du cartel pétrolier sur les marchés mondiaux n’est cependant plus ce qu’elle a été. Le marché américain est beaucoup moins dépendant des pays de l’OPEP que par le passé. Mais surtout, les pays producteurs de pétrole qui ne font pas partie de l’OPEP ont d’ores et déjà annoncé qu’ils augmenteraient fortement leur volume de production en 2020.

Ensemble, les USA, le Brésil, la Norvège et la Guyane prévoient de doper leur production, la faisant passer de 1,8 million de barils par jour en 2019 à 2,3 millions l’année prochaine.

Chacun pour soi

Par conséquent, les prix du pétrole risquent bien de continuer à baisser, malgré les éventuelles mesures prises par l’OPEP à Vienne. Cela s’annonce donc compliqué pour l’Arabie saoudite de convaincre les plus petits pays de l’OPEP de diminuer leur production.

L’accord actuel au sein de l’OPEP, qui plafonne la production à 1,2 million de barils par jour sous la capacité de production maximale, court jusqu’en mars. L’Arabie saoudite souhaiterait donc abaisser ce plafond à 1,6 million de barils sous la production maximale.

Le puissant État pétrolier a déjà prévenu que si ses partenaires ne coopéraient pas, il les entraînerait dans sa chute. Si les pays de l’OPEP n’acceptent pas à l’unanimité de pomper 400.000 barils de moins par jour, l’Arabie saoudite augmentera considérablement sa propre production afin de casser les prix pour tous.

La température risque de monter en ce mois de décembre à Vienne.