Pourquoi vous ne voulez pas aller en prison au Japon

Comme tout le reste au Japon, les prisons sont propres, ordonnées et sûres. Mais les réformateurs ayant enquêté sur les pires prisons du monde carcéral disent que celles du Japon sont parmi les plus cruelles, en raison du contrôle psychologique qu’elles exercent sur les prisonniers.

Les règles y sont draconiennes. Les contacts visuels avec les gardiens sont interdits la plupart du temps, et, quand ils sont autorisés, ils doivent s’accompagner d’un sourire, en signe de soumission. Certains travaux sont une torture morale (plier et déplier des papiers en huit). Discussions et lectures sont interdites, la majeure partie du temps.

Un ex-détenu raconte qu’ils devaient rester assis, jambes croisées, toute la journée et que ses compagnons avaient le derrière noir d’escarres. Deux de ses condisciples de cellule se sont suicidés quand ils ont perdu leur statut de prisonniers exemplaires.

Les condamnés à mort subissent un traitement pire encore: ils ne savent pas quand ils seront exécutés et pensent que chaque jour est leur dernier.

Les Japonais ne sinquiètent pas de cette situation, car ils se voient plus en victimes qu’en agresseurs.

En 2009, l’arrivée au pouvoir du Parti Démocratique aurait pu changer les choses, mais en 2012, le Parti Libéral Démocrate a repris les rênes et durci la politique carcérale, multipliant les exécutions.

Un changement pourrait venir des juges, comme celui qui a fait libérer Iwao Hakamada en accusant les autorités d’avoir fabriqué des preuves. Mais ils attendent bien souvent l’âge de la retraite avant d’oser agir.