Pourquoi l’UE n’arrive-t-elle pas à apprivoiser les Big Tech?

Un audit sur les effets de l’Union européenne pour freiner le développement de Google, Facebook et Associés conclut que l’institution est encore bloquée dans une manière de penser dépassée. En outre, les armes utilisées par Bruxelles sont trop lourdes. C’est ce que relate le journal Financial Times qui a pu consulter le rapport.

Cela fait maintenant des années que l’Union européenne tente de réglementer les grandes entreprises technologiques. La Commission européenne, dirigée par Ursula von der Leyen, en a même fait son fer de lance. Malgré de nombreux efforts pour introduire une taxe numérique, les Big Tech ne paient toujours que très peu d’impôts dans nos régions. La Commissaire à la concurrence Margrethe Vestager a bien essayé de créer des conditions de concurrence équitable pour les plus petites entreprises, mais sans succès.

Une analyse par un auditeur externe permet désormais de mieux comprendre pourquoi l’UE échoue dans cette politique. Les efforts entrepris ces 10 dernières années par l’Union européenne ont été examinés sous toutes leurs coutures et deux conclusions sont ressorties.

Mécanisme trop lourd

Les mécanismes utilisés sont trop lourds, ce qui ralentit l’action de l’UE. Les dossiers sur les problèmes de concurrence durent trop longtemps. L’application des lois tarde, ce qui laisse le temps aux géants technologiques de détruire la concurrence.

Par exemple, cela va faire 10 ans que l’Union européenne a pris sa première mesure contre Google. L’application Google Play favoriserait ses propres services. Le moteur de recherche a d’ailleurs été condamné à payer une amende de 2,4 milliards d’euros. Mais 10 ans plus tard, l’affaire traine toujours en appel.

Juridiction trop faible

La deuxième conclusion fait état d’une force juridique trop faible pour imposer ses décisions aux géants de la Tech comme Google ou Facebook. L’auditeur explique que ces entreprises évoluent très rapidement. L’Union européenne ne peut donc pas utiliser les ressources traditionnelles pour leur faire face.

Le rapport indique que les Big Tech se développent tellement rapidement qu’elles sont souvent en concurrence pour obtenir tout le marché et non pour seulement quelque part de marchés. L’UE n’est pas équipée pour intervenir aussi rapidement.

En conclusion, le rapport indique qu’il est nécessaire pour l’UE de regarder différemment ces affaires. Les outils actuels ne fonctionnent pas sur les Big Tech, il faut donc en créer de nouveaux.

Vestager a d’ailleurs déjà reconnu qu’elle devait trouver de meilleures solutions contre la concurrence déloyale. Par exemple, dans le nouveau dossier de concurrence contre Amazon, elle souhaite d’abord entamer un dialogue avec l’entreprise pour trouver une solution, plutôt que de se lancer dans une longue bataille juridique.