Pourquoi le baril de pétrole pourrait avoir atteint un prix plancher

Malgré la récente baisse de ces dernières semaines, certains spécialistes estiment que le prix du pétrole ne fera plus qu’augmenter pour atteindre la barre de 100 dollars l’année prochaine.

Pourquoi est-ce important ?

Les prix du pétrole ont surpris les observateurs ces dernières semaines. Alors que la réduction de la production annoncée par l'Opep+ avait fait craindre le pire, voilà que la menace d'une récession faisait plier les prix. Mais jusqu'à quand ? Désormais, beaucoup dépend d'une nouvelle décision des pays producteurs.

Dans l’actu : les prix du pétrole ont-ils atteint un plancher ?

  • La semaine dernière, les prix du pétrole ont connu leur troisième baisse hebdomadaire consécutive. Le baril de Brent a chuté jusqu’à 72 dollars, alors que le baril de WTI plongeait à 64 dollars. Très loin du plafond de 120 dollars le baril atteint en juin dernier.
  • Très suprenant, dans la mesure où les pays producteurs de pétrole (l’Opep) avaient indiqué une baisse de la production de 1 million de barils par jour, le mois dernier. Un peu plus tôt, la Russie avait fait la même annonce, en repliant sa production de 500.000 barils par jour.
  • « Désormais, on a vraiment l’impression que les prix sont au plus bas – il y a plusieurs signes à cela », a déclaré Ed Morse, responsable mondial de la recherche sur les matières premières chez Citi, auprès de CNBC.
  • C’est une question d’offre et de demande, et les stocks se sont détériorés en mars et en avril, après une accumulation les deux premiers mois de l’année.

Tout dépend en fait de deux facteurs : la force de la reprise chinoise et la prochaine décision de l’Opep+. Or, la société de services financiers ANZ estime que la demande mondiale de pétrole devant augmenter de 2 millions de barils par jour, laissant un marché sous-approvisionné en 2023.

  • Les 2e et 3e trimestre seront encore être relativement calmes, mais la croissance chinoise devrait compenser le risque de récession aux États-Unis et en Europe à la fin de l’année.
  • En conséquence, Goldman Sachs a maintenu ses prévisions d’un prix du pétrole élevé : 95 dollars le baril de Brent d’ici décembre 2023 et même 100 dollars le baril en 2024.

L’autre question : les prix du pétrole pourraient-ils encore nous surprendre ?

  • Vous l’aurez compris, beaucoup dépend de l’ampleur de la récession dans l’économie occidentale et de l’ampleur de la reprise chinoise. Et pour le moment, ce n’est toujours pas fameux pour Pékin. Les tout derniers chiffres de l’économie chinoise sont sortis, et ils sont décevants.
  • Les importations chinoises se sont fortement contractées en avril, tandis que les exportations ont augmenté à un rythme plus lent. Soit le signe d’une demande intérieure qui a du mal à se remettre de trois années de politique zéro-covid.
  • Quant au risque de récession, les récentes décisions de la Fed et de la BCE d’encore augmenter les taux d’intérêt n’aident pas les économies américaines et européennes, elles qui lutent toujours contre l’inflation sous-jacente.
  • Tous les yeux se tournent en fait vers l’Opep et la Russie. Quel sera la prochaine étape du cartel mené par l’Arabie saoudite ? Pour l’heure, les baisses de production n’ont pas eu l’effet escompté.
  • La faute principalement à la Russie qui inonde toujours le marché avec du pétrole bon marché. Malgré ses annonces de réduction de production et les sanctions occidentales, ses volumes d’échanges n’ont pas changé par rapport à l’avant-crise. Le pétrole russe a trouvé d’autres débouchés, jusqu’à parvenir en Europe de manière détournée.
  • Si le risque de récession devait s’alourdir et la relance chinoise s’affaisser, nul doute que le cartel devrait encore réduire sa production pour faire augmenter les prix. Une tactique qui a toutefois ses limites. Un pétrole trop cher ne favorise pas la reprise et donc la demande de pétrole : c’est le serpent qui se mord la queue.
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