Comment l’électricité chère rend le diesel plus économique

Rouler jusque dans le sud de la France (par exemple) en voiture électrique serait devenu plus cher que d’effectuer le même trajet au volant d’une voiture Diesel, et ce donc même avec un prix au litre qui atteint les 2 euros. C’est la conclusion à laquelle est parvenu le journal Nieuwsblad.

Pour le calcul, les journalistes ont naturellement pris en considération le coût total de possession (TCO) qui fait aujourd’hui référence pour déterminer le coût et la rentabilité d’une voiture. Qu’est-ce que le TCO ? Il s’agit du coût total du véhicule tout au long de son utilisation, un calcul qui prend en considération le prix d’achat, options et remises comprises. Mais aussi les frais d’entretien, pneus, éventuelles réparations, y inclure la consommation ainsi que tout le volet fiscal.

11.000 euros de plus

Si on considère le seul achat d’une voiture, les versions Diesel et essence l’emportent évidemment haut la main face à une voiture électrique, laquelle dans le cas de figure retenu par Nieuwsblad quelque 11.000 euros de plus. Le coût d’acquisition est donc nettement supérieur, même si on ajoute les taxes de circulation ou de mise en circulation (TMC) dont les voitures électriques sont exemptées en Flandre ou au seuil minimum à Bruxelles ou en Wallonie.

Après, il faut évidemment tenir compte du volet « utilisation ». Et là, justement, la voiture a une solide carte à jouer, car l’électricité à mettre dans la batterie coûte beaucoup moins cher que l’essence et que la différence en prix d’achat pouvait de ce fait totalement être résorbée. Enfin, il faut parler au passé désormais et dire « coûtait », car en quelques mois tout a changé. En effet, avec un MWh à près de 500 euros, rouler à l’électricité coûte désormais aussi cher que de rouler à l’essence ou au Diesel. Une vraie tuile pour ce mode de transport, car il y a un an encore, parcourir 15.000 km en voiture électrique coûtait 1.000 euros de moins qu’avec un modèle à combustion.

Électricité reste moins chère

Selon la CREG, le régulateur de l’énergie, le prix au KWh approche désormais les 50 cents alors qu’en mars-avril dernier les prix tournaient autour des 0,30 cents. Certes, les prix du litre d’essence ou de Diesel ont aussi augmenté, mais pas du tout dans de telles proportions. Après examen par le quotidien Het Nieuwsblad, rouler à l’électricité est toujours un peu moins cher, mais la différence devient franchement ténue. Ainsi, si on roule 15.000 km par an, il faudra désormais 20 ans pour compenser le coût d’achat du véhicule. Ce qui est évidemment plus que l’espérance de vie d’une automobile.

Bien entendu, certains paramètres peuvent optimiser la réduction du coût pour ceux qui roulent à l’électricité. Ceux par exemple qui disposent d’une installation photovoltaïque verront le prix de la recharge diminuer. Le problème, c’est que la compétitivité des voitures électriques semble remise en cause et pour longtemps. Car alors qu’on attendait une diminution des prix de vente (batterie surtout), ceux-ci ont au contraire nettement augmenté ces derniers mois, ce qui hypothèque véritablement le modèle économique de la voiture électrique, en tous cas pour les utilisateurs.

La voiture électrique devient donc de moins en moins intéressante et, pour qu’elle convainque, il faudrait plus que des incitants fiscaux, c’est-à-dire probablement des primes et des subsides. En outre, pour les voyageurs « longue distance », la voiture électrique est loin d’être aussi compétitive qu’un moteur Diesel, car il faut compter avec le temps d’attente aux bornes de recharge, mais aussi sur les prix souvent délirants des charges rapides.

Dans cette perspective, le Diesel (et l’essence par extension) n’ont probablement pas dit leur dernier mot, car le grand public n’est pas prêt à faire des compromis.

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